Beauvais : un lycéen fracture la mâchoire du professeur qui lui demandait de retirer son bonnet

Beauvais : un lycéen fracture la mâchoire du professeur qui lui demandait de retirer son bonnet
Des élèves dans la cour d'un lycée de Nantes le 4 septembre 2012 (photo d'illustration).

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 26 avril 2019 à 13h55

Le jeune homme de 18 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir donné plusieurs coups de poings à l'enseignant de 62 ans.

L'agresseur a été condamné mercredi 24 avril, en comparution immédiate, par le tribunal de Beauvais (Oise). Sa peine est assortie d'une mise à l'épreuve de deux ans, comportant deux obligations : "une obligation de travail ou de formation" et une "obligation d'indemniser la partie civile", a indiqué le procureur de la République, Florent Boura, à l' AFP, confirmant les informations de plusieurs médias locaux. 

Mardi, dans un couloir du lycée professionnel Jean-Baptiste-Corot de Beauvais, la victime a demandé à cet élève de retirer son bonnet. "L'élève avait retiré son bonnet en manifestant son mécontentement et le professeur lui avait demandé s'il y avait un problème. L'élève a alors porté plusieurs coups de poing au visage de l'enseignant", a expliqué le procureur. L'enseignant souffre d'une fracture de la mâchoire et bénéficie de 15 jours d'incapacité totale de travail (ITT). Le lycéen a été placé en garde à vue mardi matin et il a "a reconnu avoir porté plusieurs coups à l'enseignant". Scolarisé au lycée Corot depuis novembre 2018, il est domicilié dans l'Oise. Il n'a pas d'antécédent judiciaire. 

"On est arrivés à un point de non-retour"

Après  l'agression, les cours ont été suspendus, les professeurs ayant fait valoir leur droit de retrait, précise Le Parisien. Plusieurs enseignants racontent à France 3 Hauts-de-France et au Courrier picard que le climat s'est dégradé dans l'établissement. "Nous faisons à peu près vingt conseils de disciplines par an. Nous savons que l'établissement est difficile mais depuis la rentrée 2018, c'est pire", témoigne anonymement un enseignant auprès du quotidien. "On travaille dans un établissement qui connaît la violence depuis le début de l'année, qu'elle soit verbale ou physique, mais là on est arrivé à un point de non-retour", déplore une professeure interrogée par la chaîne. " Se faire fracasser le visage pour un bonnet, ça n'était jamais arrivé." 

Le parquet avait requis une peine de dix mois d'emprisonnement, dont six mois avec sursis, et mise à l'épreuve, et avait demandé au tribunal de décerner un mandat de dépôt - c'est-à-dire que le lycéen aille en prison directement après son procès -, a précisé le parquet. Le jeune homme était jugé pour violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours sur personne chargée d'une mission de service public.

Jeudi dans la nuit, au Puy-en-Velay (Haute-Loire), plusieurs individus cagoulés ont vandalisé un lycée et agressé le proviseur dans son appartement de fonction. 

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