Bataille de chiffres autour des fermetures de classes en milieu rural

Bataille de chiffres autour des fermetures de classes en milieu rural

Dans une classe de l'école primaire La Courbe à Aytré (Charente-Maritime), le 4 septembre 2017

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AFP, publié le jeudi 15 mars 2018 à 18h39

C'est le cœur du déplacement d'Emmanuel Macron jeudi en Touraine: une vive polémique oppose acteurs du monde éducatif au gouvernement sur les fermetures de classes en zones rurales, qui feraient les frais des dédoublements dans l'éducation prioritaire en ville.

Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a assuré début mars que seraient fermées à la rentrée prochaine 200 à 300 classes rurales "grand maximum" (en solde net). 

Une diminution nettement moindre qu'en 2015 et 2016, où dans les 45 départements les plus ruraux avaient été fermées 1.200 classes (en solde net) sur le cumul de ces deux années, a assuré le ministère. Des chiffres contestés par les syndicats.

Ces fermetures de classes --à ne pas confondre avec des fermetures d'écoles-- accompagnent le recul démographique : la rentrée 2018 verra 32.000 élèves de moins franchir les portes des écoles maternelles et élémentaires publiques, une baisse sensible notamment en zones rurales.

Chaque année, des classes ferment dans ces zones. Mais cette fois, les syndicats d'enseignants estiment que ce vivier a particulièrement été mis à contribution, afin de dégager des postes pour le dédoublement des CP et CE1 en zone d'éducation prioritaire, qui s'étend à la rentrée 2018. 

"Une erreur politique", selon Francette Popineau, à la tête du Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire, qui estime que le gouvernement n'a pas "suffisamment budgété cette mesure-phare".

"Cette idée est fausse", a rétorqué Emmanuel Macron jeudi, lors d'un déplacement en Touraine.

A la rentrée 2017, le dédoublement des CP REP+ (éducation prioritaire renforcée) nécessitait 2.400 postes. En septembre 2018, cette mesure s'étendra aux CP REP et débute pour les CE1 de REP+ et REP, ce qui nécessitera, selon les syndicats, 7.200 postes en plus.

Avec la baisse démographique, on récupère 1.200 postes. Qui s'ajoutent aux 3.800 postes créés par le ministère de l'Éducation, dont 200 réservés à deux dispositifs particuliers (scolarisation des enfants autistes et conventions ruralité). On a donc 7.200 postes réclamés pour les dédoublements, face à 4.800 postes "disponibles".

Le syndicat SE-Unsa a sorti ses calculettes et compté près de 600 classes fermées en milieu rural (solde net). Pour expliquer ce "décalage" avec les chiffres du ministère, Xavier Suelvès, chargé du premier degré au syndicat, souligne que son organisation prend en compte les fermetures de classes dans des zones rurales mais qui ne font pas toutes partie des 45 départements considérés comme ruraux. 

Par exemple, l'Hérault n'est pas classé comme rural mais compte des zones rurales qui subissent des fermetures de classe, indique-t-il. 

Selon le ministère, les 45 départements ruraux enregistrent pour le moment pour la rentrée 783 ouvertures contre 990 fermetures, soit 207 fermetures en solde net. 

Des ouvertures qui ont lieu dans les villes de ces départements, font valoir les syndicats. "Ce qui est mal vécu, c'est la fermeture d'une classe à 15 élèves dans une école rurale et l'ouverture d'une classe à 12 à quelques dizaines de kilomètres, en éducation prioritaire", déclare la secrétaire nationale du SNUipp, pourtant favorable au dédoublement des classes REP. 

"Le ministère met en concurrence les enfants des champs et les enfants de villes", regrette-t-elle 

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19 commentaires - Bataille de chiffres autour des fermetures de classes en milieu rural
  • il faut passer au privé sa coûterait moins cher et moins de vacances

  • La mode veut que les écoles de campagne soient fermées uniquement pour faire plaisir aux statistiques. Ce n'est pas le budget de l'éducation qui paie les transports scolaires

    ce sont les collectivités locales , une fois de plus
    et dans ce cas, on ne s'occupe pas de la fatigue des enfants qui doivent dès le matin faire un trajet de plus d'une demi heure
    peut-être faudra-t-il donner un petit déjeuner à eux aussi, car le leur est loin jusqu'au repas de midi

  • Regrouper les élèves dans d'autres écoles de la ville, c'est ce qu'à fait notre maire pour limiter les classes peu peuplées,faire des économies de chauffage et autres et ça marche!!!Chez vous ,chauffez vous des pièces vides,la cave ou le grenier parce que c'est votre maison?

    Et qui va les conduire en ville les élèves des campagnes qu'il faudrait regrouper en ville ???
    Chez nous la plus grande ville est à 40 minutes de route, on fait comment???

    BIDULE2004: En dehors de l'éloignement , comme le dit Decade, avez vous une idée du coût des transports scolaires pour conseils régionaux et les risques d'accidents accrus en hiver ? On chauffe bien les piscines, les salles de sport etc,etc et ce, pour le loisir des citadins avec l'argent de tous même celui des ruraux et votre argument pour fermer des classes qui servent à l'éducation de nos enfants c'est qu'il faut les chauffer pour un nombre d'écoliers du primaire qui vous semble insuffisant ???? Non, mais je rêve là!!!!

  • Le train sifflera 3 fois et après nous ne l'entendrons plus .Bientôt il faudra envoyer des enfants de moins de 5 ans en pension ou bien les familles feront une école parallèle . Bientôt les tous les ruraux iront manifester en ville car il semble que seuls , ces derniers , sont en droit d'être considérés comme des citoyens à part entière . Voulez vous Mr Macron que les campagnes déboulent dans vos métropoles ou votre mégapole .Le citoyen n'as pas de valeur à vos yeux .....

  • C'est quoi encore que ces nouvelles aneries , des departements ont été classés comme non rurales bien que comportant des zones rurales . Ca devient n'importe quoi bientot on va vous dire meme si vous habitez en pleine campagne mais a 50 kms d'une ville que vous n'etes pas en zone rurale bien que vous soyez entourés de vache dans des champs . Tout cela est stupide ! et c'est bien des raisonnements de gratte papier .