Bataclan : une "fausse victime" condamnée à six mois de prison ferme

Bataclan : une "fausse victime" condamnée à six mois de prison ferme

Le Bataclan, à Paris, le 30 novembre 2015.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 01 décembre 2017 à 18h50

VIDÉO - Pendant des mois, il a berné les enquêteurs et les associations de victimes.

Il avait raconté être présent à la terrasse du Bataclan, le soir du 13 novembre 2015, et avoir échappé aux balles des terroristes. Il avait même livré des détails glaçants. Mais il se trouvait en fait à une trentaine de kilomètres de là. 

Un employé de la sécurité civile de 29 ans a écopé de deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis, par le tribunal correctionnel de Versailles. a été condamné pour "tentative d'escroquerie" au préjudice du Fonds de garantie des victimes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI).

Cet ambulancier de formation avait raconté avec force détails aux médias, dont l'AFP, ce qu'il disait avoir vécu à la terrasse du Bataclan ce soir-là. Selon son récit, il buvait un verre avec deux amis quand il a vu arriver les tireurs. Une "femme enceinte" avait alors "pris les balles qui (lui) étaient destinées", disait-il.

Un tatouage du Bataclan

Intégré dans les groupes de victimes, il s'était fait un tatouage représentant une Marianne devant le Bataclan et avait été de longues semaines en arrêt maladie. Il avait aussi rempli en janvier 2016 un dossier d'indemnisation auprès du Fonds de garantie des victimes de terrorisme et d'autres infractions.

Les enquêteurs s'étaient intéressés à son cas un an après: il n'avait pas porté plainte et des incohérences avaient été relevées dans son récit, notamment le fait qu'aucune femme enceinte n'avait perdu la vie ce soir-là, selon une source proche du dossier.

À 30 kilomètres de là

La téléphonie a ensuite montré que le jeune homme se trouvait à une trentaine de kilomètres du Bataclan au moment des faits, selon la même source. Ce n'est que vers minuit qu'il s'est trouvé près de la salle de concert, où des témoins ont signalé sa présence.

Résidant depuis plusieurs mois en Nouvelle-Calédonie, où il était sapeur-pompier volontaire et formateur en secourisme, Cédric Rey a expliqué lors d'une audience le 27 octobre être rentré en France pour des raisons personnelles et avoir alors appris que la gendarmerie cherchait à l'entendre.

Le jeune homme, qui reconnaît les faits, s'est rendu de lui-même à la caserne où il a été placé en garde à vue. Il devait être jugé en comparution immédiate lors de cette première audience, mais le tribunal correctionnel a renvoyé le procès, estimant qu'il ne pouvait se tenir sans une nouvelle expertise psychiatrique et une expertise psychologique. L'avocate de la défense avait plaidé pour un contrôle judiciaire avec une résidence dans le département, mais le tribunal a placé le prévenu en détention provisoire jusqu'au procès, vendredi à 14H00.

Déjà 7 fausses victimes condamnées

Début 2016, le Fonds de garantie des victimes de terrorisme et d'autres infractions n'avait pas donné suite au dossier d'indemnisation du prévenu faute de pièces suffisantes. Ce dernier est poursuivi pour tentative d'escroquerie au préjudice du fonds et encourt cinq ans de prison.

Au moins sept personnes ont été condamnées depuis les attentats de Paris et Saint-Denis pour tentative d'escroquerie ou escroquerie.

 
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