Bataclan : un chirurgien tente de vendre la radio d'une rescapée

Bataclan : un chirurgien tente de vendre la radio d'une rescapée
Le chirurgien reconnait "l'erreur" de ne pas avoir demandé l'autorisation à la patiente opérée.

publié le dimanche 23 janvier 2022 à 14h41

Le chirurgien a mis aux enchères sur un site spécialisé dans la vente d'objets numériques NFT, la radio d'une survivante du Bataclan qu'il avait opérée, sur laquelle on voit un avant-bras transpercé par une balle de Kalachnikov.

"Un acte scandaleux". Le patron de l'AP-HP Martin Hirsch a annoncé samedi 22 janvier que les hôpitaux de Paris vont saisir la justice sur le cas d'un chirurgien qui a tenté de vendre une radio d'une blessée de l'attaque du Bataclan.

Dans un message envoyé au personnel de l'AP-HP, Martin Hirsch dénonce "un acte scandaleux commis par un chirurgien, professeur des universités-praticien hospitalier de l'Hôpital européen Georges Pompidou, que nous avons appris par la presse". 

Selon Mediapart, ce chirurgien orthopédiste réputé, Emmanuel Masmejean, a mis aux enchères sur OpenSea, un site spécialisé dans la vente d'objets numériques NFT, la radio d'une survivante du Bataclan qu'il avait opérée, sur laquelle on voit un avant-bras transpercé par une balle de Kalachnikov.



Selon le site d'investigation, la radio était mise en vente pour la somme de 2.776 dollars.

Le chirurgien a reconnu les faits auprès de Mediapart, expliquant l'avoir fait "dans une vocation pédagogique" et a retiré depuis l'offre, mais pas le cliché toujours visible sur OpenSea dimanche.

Assurant "s'être posé la question d'un point de vue éthique", il reconnait "l'erreur" de ne pas avoir demandé l'autorisation à la patiente opérée.


Pour accompagner le cliché, le médecin avait écrit un petit texte. "41 (victimes) ont été adressées à notre centre, l'Hôpital européen universitaire Georges-Pompidou, et 22 nécessitant une intervention chirurgicale ont été hospitalisées. Du 14 novembre à 0h41 au 15 novembre à 1h10, 23 interventions chirurgicales ont été réalisées sur 22 blessés. Parmi ces patients, j'ai personnellement opéré 5 femmes, dont ce cas. Cette jeune patiente, qui a perdu son petit ami dans cette attaque, avait une fracture ouverte de l'avant-bras gauche avec une balle restante de Kalachnikov dans les tissus mous". 

Alors que le procès des attentats de novembre 2015 se déroule actuellement à Paris, Martin Hirsch estime que ce "comportement odieux" est "contraire à la déontologie, mettant en cause le secret médical, allant à l'encontre des valeurs de l'AP-HP et du service public". Il annonce son intention de signaler les faits à la justice (en application de l'article 40 du code de procédure pénale qui demande à chaque fonctionnaire ayant connaissance d'un acte illégal de le dénoncer), et de saisir le conseil de l'Ordre ainsi que "les ministres disposant du pouvoir disciplinaire". 

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