Bastion social, Blood and Honour et Combat 18 : quels sont ces groupes d'ultra-droite qu'Emmanuel Macron veut dissoudre ? 

Bastion social, Blood and Honour et Combat 18 : quels sont ces groupes d'ultra-droite qu'Emmanuel Macron veut dissoudre ? 
Emmanuel Macron prononce un discours au dîner du Crif le 20 février 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 21 février 2019 à 20h38

Mercredi Emmanuel Macron a annoncé des mesures pour lutter contre l'antisémitisme. Il a déclaré avoir demandé au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner la dissolution de trois groupuscules d'ultra-droite, dont deux sont des groupuscules "néonazis".

"J'ai aussi demandé au ministre de l'Intérieur d'engager des procédures visant à dissoudre des associations ou groupements qui par leur comportement nourrissent la haine, promeuvent la discrimination ou appellent à l'action violente : Bastion Social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18 pour commencer", a déclaré le chef de l'État  au dîner annuel du Crif, le Conseil représentatifs des instances juives de France.  Peu connus du grand public, quels sont ces groupes qui incitent à la haine et que le chef de l'État s'est engagé à faire disparaître ? 

Bastion social, antisémitisme et soutien aux "gilets jaunes"  

Bastion social est né au printemps 2017 à Lyon (Rhône). Ses membres-fondateurs sont des anciens du Groupe union défense, le GUD, un syndicat étudiant d'extrême droite aujourd'hui dissous.  Bastion social s'inspire du mouvement italien CasaPound et adhère aux thèses du "grand remplacement", qui prophétise la disparition des "peuples européens". Il affirme également lutter contre le "capitalisme ultralibéral" et veut offrir son aide aux plus démunis, mais français seulement. Très discret sur le nombre de personnes qui composent vraiment ce mouvement, il a tenté d'essaimer dans plusieurs villes comme Strasbourg, Chambéry ou Aix-en-Provence. Mais à Clermont-Ferrand, le groupuscule identitaire a jeté l'éponge en octobre quelques mois seulement après l'ouverture de son bar associatif, se disant "sous pressions policières, administratives et juridiques". 

A Lyon, c'est la municipalité qui a fermé son "Pavillon noir" dans le Vieux-Lyon un mois plus tard. Plusieurs de ses membres ont été condamnés pour violences. Et son ancien leader national Steven Bissuel s'est retiré en septembre après une condamnation à 20.000 euros d'amende pour avoir notamment publié sur les réseaux sociaux un dessin d'une étiquette de bouteilles de jus de fruit détournée, avec l'inscription "Shoasis". "On y voyait des ananas portant des étoiles jaunes et des pyjamas rayés, évoquant les prisonniers du camp de concentration, avec en sous-titre la mention 'teneur garantie : 6 millions au Zyklon B', cet agent toxique utilisé par les nazis dans les chambres à gaz", détaille Le Progrès. 



Ces dernières semaines, le mouvement n'a pas caché sa sympathie pour les "gilets jaunes", d'où sa présence visible dans les cortèges. Selon Le Parisien, le groupuscule tente aussi d'infiltrer depuis cet automne le mouvement des Gilets jaunes. "Ils sont clairement violents", indique à l'AFP le politologue Stéphane François, spécialiste des droites radicales.   

Blood and Honour Hexagone, suprématisme blanc issu de la scène musicale néonazie britannique

Blood and Honour (Sang et honneur, en anglais) est issu de la scène musicale néonazie britannique. Blood and Honour Hexagone en est sa filiale française. "Sang et honneur" fait référence au slogan "Blut und Ehre" utilisé notamment par les Jeunesses hitlériennes. Skinheads, ils portent tatouages et blousons noirs en nylon et sont adeptes d'un hard rock sulfureux qui met en avant la "suprématie blanche" dans ses paroles.  "En France ça n'a jamais été quelque chose d'important", relativise Stéphane François. "A la grande époque, dans les années 90, c'était une trentaine de personnes. Maintenant il n'y a quasiment plus rien, ils organisent des concerts une ou deux fois par an et c'est tout".



Le groupe prétexte un anniversaire pour louer une salle municipale, rapporte Le Parisien. "Parfois, il s'agit en fait de célébrer l'anniversaire d'Adolf Hitler, comme en 2014 dans une commune alsacienne". selon le quotidien francilien, le meneur de Blood and Honour Hexagone a été arrêté en 2016. "Des armes d'épaule, des revolvers, des gilets pare-balles ainsi que plusieurs objets ou drapeaux nazis ont été retrouvés par les policiers". Aucune poursuite n'aurait été entamée depuis, précise Le Parisien.  



Combat 18, branche armée de Blood and Honour  

Le "18" fait référence à la place des lettres A et H dans l'alphabet - la première et la huitième - , soit les initiales d'Adolf Hitler. "Combat 18 est la branche armée de Blood and Honour", explique Stéphane François. "Ce sont des néonazis. Ils mettent en avant la suprématie blanche et sont antisémites". Mais aujourd'hui le groupe "n'existe quasiment plus", selon lui.  

"Les derniers éléments de la structure" ont notamment fait parler d'eux en 2015. Cinq membres d'une cellule baptisée "Blood & Honour C18" avaient été condamnés en Haute-Saône à des peines allant de 6 mois avec sursis à deux ans ferme pour avoir organisé ou participé à un "groupe de combat". Ils avait été reconnus coupables de dégradations de biens et de "provocation" à la haine raciale ou à la violence. 
  

Vos réactions doivent respecter nos CGU.