Baccalauréat : des syndicats d'enseignants réclament le report des épreuves de spécialités de mars

Baccalauréat : des syndicats d'enseignants réclament le report des épreuves de spécialités de mars
Un lycée de Rennes le 1er septembre 2020.

, publié le mercredi 02 décembre 2020 à 16h38

Les élèves ne sont pas "suffisamment préparés" pour les épreuves anticipées du baccalauréat, assure auprès de franceinfo Jean-Rémi Girard, président du Snalc, le Syndicat national des lycées, collèges, écoles et supérieur.

La crise du Covid-19 bouscule tout, y compris le baccalauréat, dont la nouvelle version devait pleinement entrer en vigueur cette année. Pour tenir compte des conséquences de la crise sanitaire, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a décidé d'annuler les évaluations communes prévues en Première et Terminale au profit du contrôle continu.

Cette mesure concerne l'histoire-géographie, les langues vivantes et la spécialité qui n'est pas poursuivie en Terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l'enseignement scientifique pour la voie générale.




Les épreuves terminales sur les enseignements de spécialité prévues à la mi-mars prochain sont, elles, maintenues. Au grand désespoir de certains. En effet, depuis début novembre, les lycées doivent s'organiser pour faire des roulements d'élèves au sein de leur établissement afin de limiter les risques de contagion par le coronavirus. Et la réouverture totale des lycées ne se fera pas avant le 20 janvier, si les conditions sanitaires le permettent. Résultat : les professeurs "courent après le temps" pour faire les programmes et tenter de préparer les élèves, déplore mercredi 2 décembre sur franceinfo Jean-Rémi Girard, président du Snalc, le Syndicat national des lycées, collèges, écoles et supérieur. 

"On n'est pas prêts"

Le Snalc, deuxième syndicat du secteur, et d'autres syndicats d'enseignants (GCT Éduc'action, Fidl, Snalc, Snes-FSU, MNL, Sud Éducation et UNL) ont ainsi lancé une pétition pour réclamer un report des épreuves de spécialités prévues en mars et un réaménagement des programmes. "Vous imaginez bien qu'avec ce qu'on a connu au printemps dernier et avec ce que l'on connaît dans les lycées depuis octobre-novembre (...) on n'est pas prêts pour faire passer des épreuves de spécialité à la mi-mars", insiste M. Girard. 

Les enseignants réclament notamment la suppression du grand oral de juin. "Ce grand oral, la plupart des collègues n'ont pas commencé à travailler dessus parce qu'on court après le temps, parce qu'on essaye déjà de préparer les élèves à leur épreuve de spécialité et qu'on se rend compte que la tâche est extrêmement difficile. Et on ne voudrait pas qu'on se retrouve avec des élèves qui arrivent mal préparés sur des épreuves qui, si elles sont passées à la mi-mars, vont en plus remonter dans Parcoursup", explique le président du Snalc 

"Ces épreuves de spécialité comptent en gros pour un tiers de la note finale, avec le grand oral on est presque à 50% de la note finale du bac pour les élèves", précise M. Girard, selon qui "on va jouer à la mi-mars quelque chose d'extrêmement important pour nos élèves avec des élèves dont on sait qu'ils ne sont pas suffisamment préparés pour passer les épreuves."

Les enseignants exigent également un allègement du programme pour les épreuves. "Ce n'est pas qu'une question de contenu de programme, c'est aussi question de travail sur les méthodes sur ces épreuves. Et ce travail-là a pris beaucoup de retard", insiste Jean-Rémi Girard.

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