Bac 2021 : l'épreuve de philosophie et le grand oral aménagés

Bac 2021 : l'épreuve de philosophie et le grand oral aménagés
Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer discute avec un lycéen dans l'est de la France, le 3 mai 2021.

publié le mercredi 05 mai 2021 à 20h44

Des lycéens se mobilisaient contre la tenue de ces épreuves.

A quoi vont ressembler les épreuves du baccalauréat 2021 ? Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a livré des premières réponses mercredi 5 mai sur France 2. "Même si on a réussi pendant toute l'année à garder les écoles et les collèges et les lycées ouverts ou en partie ouverts, les choses n'ont pas été complètement normales, donc c'est normal d'aménager", a souligné le ministre.



Ainsi, pour tenir compte des perturbations liées à la situation sanitaire, si l'épreuve finale de philosophie est maintenue, les élèves de Terminale pourront choisir de conserver plutôt la note obtenue en contrôle continu, si elle est meilleure. "L'épreuve terminale de philosophie continue à être organisée et on maintiendra la meilleure des deux notes entre le contrôle terminal et le contrôle continu", a ainsi expliqué le ministre.

"Il y a beaucoup d'élèves qui ont des mauvaises notes en contrôle continu et qui ont besoin du contrôle terminal pour se rattraper, c'est une chance", a-t-il ajouté, alors que des élèves se mobilisent ces derniers jours pour demander l'annulation de l'épreuve finale de philosophie et du grand oral.

Cette épreuve, inédite, du grand oral sera elle aussi aménagée. "Ce serait plus facile d'un point de vue pratique de l'annuler mais je pense que c'est bon pour les élèves de s'exercer à cela. Si on a créé cet exercice, c'est précisément parce que cette compétence est fondamentale, savoir argumenter, savoir écouter, être capable de parler tout simplement", a défendu le ministre. Mais si l'épreuve est maintenue, "il sera possible de venir avec un message de son professeur (...) attestant des parties du programme non étudiées", parties sur lesquelles l'élève ne sera pas interrogé, a indiqué Jean-Michel Blanquer. 




Le ministre a souligné chercher "une bienveillance vraiment réelle vis-à-vis des élèves, c'est-à-dire leur permettre de passer un baccalauréat qui a sa pleine valeur, et de leur permettre de s'entraîner à ce qui va les faire réussir plus tard". Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Education avait expliqué vouloir trouver une solution "bienveillante et pragmatique" pour les épreuves de cette année. "Notre objectif c'est de maintenir la valeur du diplôme, d'amener les élèves vers la réussite (...) dans des conditions qui leur soient bonnes", expliquait Jean-Michel Blanquer devant le Sénat. 

Pour ce premier bac de la réforme, le contrôle continu représente pour le moment 82% de la note finale de l'examen, l'épreuve écrite de philosophie et celle du grand oral correspondant aux 18% restants. Mais depuis plusieurs semaines, des voix s'élèvent pour réclamer l'annulation des épreuves de philosophie et du grand oral.

A l'appel de l'Union nationale des lycéens (UNL) ou du Mouvement national lycéen (MNL), des lycées ont été bloqués mercredi pour protester contre la tenue de ces épreuves. "La mobilisation s'étend de jour en jour. Le blocus devrait continuer, en fonction des annonces ministérielles", a estime Mathias, lycéen de 16 ans au Lycée de Bagatelle de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). En parallèle, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées devant l'Assemblée nationale, à l'appel de la FCPE (parents d'élèves). "Nous demandons que tous les examens passent en contrôle continu, c'est la seule façon de faire en sorte que les enfants ne soient pas pénalisés par la scolarité qu'ils ont subie", a lancé Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE.

"Il était vraiment temps de se prononcer car les élèves étaient dans une trop grande incertitude", a commenté mercredi soir Philippe Vincent, secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN), en qualifiant les annonces de Jean-Michel Blanquer de "compromis raisonnable"

De son côté, le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a lui regretté dans un communiqué que la solution retenue pour la philo conduise "à rejouer le chaos du bac 2019 et 2020, où les jurys avaient été amenés à modifier les notes de manière incompréhensible et avaient parfois constaté des pratiques douteuses de construction de la note dans les établissements, conduisant à des ruptures d'égalité inédites".

Antonin Nouvian, secrétaire du Mouvement national lycéen (MNL), a lui dénoncé sur franceinfo "du bricolage" car "on pense que le contrôle continu intégral c'est la solution face à la crise sanitaire et face aux manque de cours", a-t-il lancé, appelant à "continuer la mobilisation".
 

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