Avant l'atterrissage, joie et anxiété des marins de l'Auvergne

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 La passerelle de la FREMM Aquitaine, au large de Brest le 11 mai 2017

La passerelle de la FREMM Aquitaine, au large de Brest le 11 mai 2017

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© AFP, FRED TANNEAU
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AFP, publié le vendredi 22 décembre 2017 à 12h25

"Toulon, H moins sept, l'équipe de quart vous souhaite une bonne journée et de belles retrouvailles!": ce matin, une musique de Noël résonne dans les coursives de la frégate multimissions (FREMM) Auvergne. Dans quelques heures prendra fin une mission éreintante de quatre mois en mer.

A l'horizon, sous un ciel bleu lavande, se dessinent enfin les côtes toulonnaises, quittées en août pour le premier déploiement long de ce bateau flambant neuf, fleuron français de la lutte sous-marine.

Dans quelques heures, familles et amis seront massés à quai pour accueillir l'équipage de 110 personnes, à l'issue de leur vaste périple à travers le globe: golfe arabo-persique, Malaisie, mer de Chine, Singapour, Australie, Indonésie, Sri Lanka...

"Depuis le départ de Colombo le 6 décembre, on n'avait pas de signal", se réjouit un jeune matelot en tapotant des textos sur la passerelle.

"C'est le début de la fin, je perds tous mes moyens!", plaisante le commandant de l'Auvergne, le capitaine de vaisseau Xavier Breitel, en regardant partir l'hélicoptère Caïman et l'embarcation des commandos marine, direction la terre ferme.

Lena, 32 ans, l'une des douze femmes de l'équipage, s'apprête à retrouver sa fille de 7 mois et son garçon de 5 ans. "Je n'ai qu'une envie: les serrer contre moi et les couvrir de bisous", sourit-elle en ouvrant les bras.  

Un crève-coeur de laisser son bébé derrière soi? " Jamais facile, pour une mère comme pour un jeune papa", tranche-t-elle. "Je connais des marins qui ont quitté des nourrissons de 10 jours pour qui c'était très dur. Mais j'ai le téléphone blindé de photos, et puis à bord on a Skype, pour se voir, discuter."

Elle et son mari, marin lui aussi, ont décidé de partir à tour de rôle. "Ca me paraît logique et légitime. C'est un papa des années 2000!", dit la jeune femme. De sa traversée, elle garde en mémoire "des moments fatigants et de belles escales", comme l'Australie, "magnifique".

- "Déconnectés" -

Hormis le sapin orné de boules rouges qui décore le carré des officiers, difficile pour l'équipage de se projeter dans l'ambiance des fêtes de fin d'année. "On ne réalise pas que c'est Noël, on est déconnectés de la vie à terre. Et puis on vient de pays où il faisait 30 degrés!" s'amuse Laetitia, 40 ans, bronzage radieux. 

Après 19 ans de mer, le retour à terre reste un moment "magique mais bizarre", confie cette sous-officier. "Le plus curieux, c'est le silence quand on rentre à la maison. Ne plus entendre le bateau craquer, le bruit des machines..." 

Édouard, officier de pont, plus de 20 ans de Marine derrière lui, ne cache pas une petite appréhension. 

"J'ai passé 217 jours en mer cette année. Je suis très impatient de retrouver la famille mais il y a aussi un peu d'angoisse... Il va y avoir des choses à régler avec les enfants", confie-t-il. 

"Ma femme m'a prévenu: à mon tour de m'en occuper!", renchérit Benjamin, papa de deux jeunes enfants, à peine la trentaine. Pas évident malgré tout de reprendre une vie normale, après une mission très dense à bord d'un bâtiment à l'équipage très resserré. 

"La FREMM demande de l'excellence. On est deux fois moins pour faire le même travail qu'avant", souligne ce spécialiste de la détection sous-marine.

"Moi j'ai besoin de deux jours tranquille quand j'arrive!" Arnaud, 35 ans, contrôleur hélicoptère, en racontant des journées de "16, 20h de travail". "Quand on vient de passer 4 mois à bord, on a parfois envie de s'isoler, mais c'est dur à faire comprendre, tout le monde veut vous voir, aller boire un verre, entendre vos histoires", explique-t-il.

"Il y a des gens qui ont du mal à quitter le bord, à s'imaginer devoir gérer le quotidien, les courses...", explique le commandant Christophe, chef machine. "En même temps, avec internet, on est déjà au courant des aléas de la vie à la maison. Avant on apprenait tout seulement en rentrant !" 

 
14 commentaires - Avant l'atterrissage, joie et anxiété des marins de l'Auvergne
  • J'ai été surpris par certains commentaires. D'abord à ma connaissance en 1966 il n'y avait pas de femme sur le FOCH ni sur les bâtiments de surface et les sous marins. Mais il ne faut pas vivre avec ses souvenirs mais dans notre réalité. Actuellement l'Armée Française est composée de personnel des deux sexes. Qu'ils soient terriens, aviateurs, marins ou de la gendarmerie ils sont là pour assurer notre sécurité. Il faut respecter ces personnes car par expérience je sais que le retour au foyer n'est pas toujours facile après de longues séparations.

  • Je suis surpris de certain commentaire. A ma connaissance en 1966 il n'y avait pas de femme sur le FOCH. Et il ne faut pas vivre avec ses souvenirs mais avec son temps. Actuellement l'armée française est composée d'hommes et de femmes dont la mission est d'assurer la sécurité du pays. Que ce soit sur terre, sur mer, dans les airs et même dans nos villes ils sont là pour nous permettre de vivre librement et de passer des fêtes heureuses alors qu'ils sont pour certains loin de leur famille. Alors un peu plus de respect dans vos commentaires pour ces personnes qui risquent leur vie pour nous. Merci.

  • En 1966, j'était sur le FOCH.en mission dans le Pacifique. Aucune escale sauf de temps à autre quelques jours au mouillage en rade de Vairao. Pendant 10 mois, aucune escale. Un Alizé allait chercher le courrier à terre quand on naviguait à proximité! Pas de SKYPPE , ou autre SMS!

  • Bienvenue à terre à vous tous ! Et joyeuses fêtes de Noël. Je ne comprendrai jamais les esprits chagrins qui s'expriment ici. Respect, s'il vous plaît !

  • Comment la Marine peut-elle laisser publier un compte-rendu aussi gnangnan?

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