Aux César, ruban blanc et sacre pour "120 battements" et Dupontel

Chargement en cours
 Vanessa Paradis ouvre la 43e cérémonie des César Salle Pleyel à Paris le 2 mars 2018

Vanessa Paradis ouvre la 43e cérémonie des César Salle Pleyel à Paris le 2 mars 2018

1/7
© AFP, Philippe LOPEZ

AFP, publié le samedi 03 mars 2018 à 03h22

Ruban blanc à la poitrine, le cinéma français a affiché vendredi sa mobilisation contre les violences faites aux femmes lors de la 43e cérémonie des César, qui a sacré "120 battements par minute" sans oublier le réalisateur Albert Dupontel pour "Au revoir là-haut".

"Je vous propose d'agir dès ce soir, de vous lever, de montrer vos rubans blancs, parce qu'effectivement, maintenant on agit", a lancé le maître de cérémonie Manu Payet à l'adresse des professionnels dans la salle qui, debout, ont applaudi.

Réunis Salle Pleyel à Paris, les 1.700 invités, parmi lesquels la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa et la ministre de la Culture Françoise Nyssen, ont été conviés à arborer ce ruban afin de soutenir "celles et ceux qui oeuvrent concrètement pour qu'aucune femme n'ait plus jamais à dire #MeToo".

Plusieurs mois après l'onde de choc provoquée par l'affaire Weinstein, plus d'une centaine d'actrices et de personnalités, dont Vanessa Paradis, ont lancé avec la Fondation des femmes la campagne #MaintenantOnAgit.

Les lauréats ont toutefois peu évoqué le sujet dans leurs remerciements, lors d'une cérémonie qui a sacré comme meilleur film "120 battements par minute" de Robin Campillo, fresque sur les années sida à travers le combat de l'association Act Up.

Le film, qui avait bouleversé le Festival de Cannes l'an dernier en y décrochant le Grand prix, a reçu six César, dont également ceux du meilleur espoir masculin pour Nahuel Pérez Biscayart et du meilleur second rôle masculin pour Antoine Reinartz.

Robin Campillo a tenu à attirer l'attention sur les migrants: "Il est temps de les entendre, car comme il y a 25 ans, silence = mort", a-t-il lancé.

L'écrivain Pierre Lemaitre, co-scénariste de l'autre grand favori de la soirée "Au Revoir là-haut", film adapté de son roman sacré du Goncourt en 2013, a lui aussi tenu à adresser "un salut fraternel" à ceux qui "se trouvent situés aux marges de la société, et parfois à la limite de l'exclusion", les "pauvres, les mal logés, les précaires (...) les réfugiés".

"Au Revoir là-haut", sur le destin de deux hommes pendant et après la Première Guerre mondiale, a reçu cinq trophées, dont celui de la meilleure réalisation pour Albert Dupontel, absent de la cérémonie.

- Balibar primée -

Le César du meilleur acteur est revenu à Swann Arlaud, 36 ans, pour son rôle d'éleveur confronté à une épidémie dans "Petit paysan", d'Hubert Charuel. Un film qui a reçu trois prix, dont également celui du meilleur premier film et celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour Sara Giraudeau.

Le César de la meilleure actrice est revenu à Jeanne Balibar pour son interprétation troublante de la chanteuse Barbara dans le vrai-faux biopic de Mathieu Amalric sur l'inoubliable interprète de "L'Aigle noir".

En recevant son prix, l'actrice de 49 ans a évoqué "toutes ces choses dont nous parlons, graves, les graves emmerdements voire les graves délits", dans une allusion aux violences faites aux femmes.

Le César du meilleur espoir féminin est revenu à l'actrice et chanteuse Camélia Jordana dans "Le Brio" d'Yvan Attal.

Souvent taxés d'élitisme et d'entre soi, ces 43e César ont aussi innové avec pour la première fois un prix au film ayant fait le plus d'entrées en salles en 2017: la comédie "Raid dingue" de Dany Boon.

"Je ne vous remercie pas, vous... mais je vous aime quand même", a lancé le comique, acteur et réalisateur à l'adresse des professionnels, avant de saluer "le public français". "La comédie était le parent pauvre de la cérémonie", a-t-il estimé, dans les coulisses.

"Le Sens de la fête", autre comédie de Toledano et Nakache, a en revanche fait chou blanc malgré dix nominations. 

La soirée a aussi été marquée par des hommages aux disparus de l'an dernier, Jeanne Moreau, Danielle Darrieux, Jean Rochefort et Johnny Hallyday, dont la fille Laura Smet a fait une brève apparition pour remettre un César. 

Très émue, l'actrice espagnole Penélope Cruz a reçu des mains de Pedro Almodovar un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, tandis que le César du meilleur film étranger est revenu à "Faute d'amour" du Russe Andreï Zviaguintsev. Film qui sera aussi en lice pour un Oscar dimanche soir.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
158 commentaires - Aux César, ruban blanc et sacre pour "120 battements" et Dupontel
  • avatar
    ch9377  (privé) -

    Superbe ! palmarès pour cette année cinématographique ,justesse et talent , servie par des comédiens bouleversants de vérité .Quand à " au revoir la haut " Dupontel a réalisé une oeuvre cinématographique originale puissante qui respecte l'œuvre originale, le fantastique roman de Pierre Lemaitre, ce qui n'est pas mince ..Une mention à Jeanne Balibar si parfaite dans Barbara .
    Très belle soirée, qualité, la culture en direct.

  • ILS sont entre eux, traitent de sujets bien pensants, pleins de bons sentiments, surfent sur les débats de société qui LES concernent ; ILS ont des projecteurs et des caméras braqués sur EUX ; communiquent avec LEURS codes de langages ; ont des sourires et des expressions pleins de sous entendus, compréhensibles par leurs pairs et eux seuls.
    Se congratulent, s'écharpent et s'applaudissent à tout va...
    ILS SONT HEUREUX !
    Et mobilisent les médias pour le faire savoir !
    QUI CA ?
    Les personnages du petit monde médiatico-bobo -parigot, de plus en plus dans leur petite bulle, bien loin des réalités du quotidien de leurs compatriotes...

  • J'ai vu le film au revoir là haut, toujours aussi exceptionnel monsieur Dupontel, récompense plus que méritée. J'ai également vu petit paysan et idem que pour le précédent récompense méritée. Pour une fois que nous avons de superbes films français profitons de notre chance et continuons dans ce sens. Les autres je ne les ai pas vu, mais j'irais dès que je le pourrais voir 120 battements .... Il semble lui aussi fort beau.
    Et n'en déplaise à ceux qui n'aime pas le beau cinéma, tant pis pour eux, mais surtout qu'ils n'en parlent pas. Ils sont médiocres.

  • C’est quoi les cesars? Ah oui, c’est pas le bloc de ferraille écrabouillé, qui est donné au gagnant. En fait c’est un commme du tri sélectif, le mauvais on le jette à la poubelle et le moins mauvais on l’ecrabouille pour qu’il ne ressemble surtout plus à l’origine..

  • Une idolâtrie de bas étage avec cette V Paradis elle qui en son temps fut arrêtée à New York avec des doses de drogue , mais voilà si c'est moi ou vous c'est tribunal et/ou Tôle mais un people ces louloutes donneuses de leçons, beurk !! Compassion d'oreiller et d'alcôve