Autoroutes : l'accord secret qui prévoit des augmentations tarifaires tous les ans

Autoroutes : l'accord secret qui prévoit des augmentations tarifaires tous les ans
Emmanuel Macron et Ségolène Royal ont signé un accord en 2015 avec les sociétés d'autoroutes, selon France 2.

Orange avec AFP, publié le mardi 12 septembre 2017 à 17h30

Un accord conclu en 2015 entre les sociétés d'autoroutes et l'État prévoit des augmentations de tarifs additionnelles chaque année entre 2019 et 2023, a révélé France 2 lundi 11 septembre. Le surcoût devrait s'élever à 500 millions d'euros pour les automobilistes.


Cet accord, dont la chaîne publique a pu se procurer une copie, a été signé le 9 avril 2015 au terme d'un bras de fer entre les deux protagonistes.

Cette année-là, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie et Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, annoncent le gel des tarifs des péages pour redonner une "équité financière" aux automobilistes. Les sociétés d'autoroutes attaquent immédiatement la décision : des négociations s'engagent alors et accouchent d'un accord de sortie de crise qui va rester secret jusqu'à aujourd'hui.


Que contient-il ? Dans le document obtenu par France 2, signé par Ségolène Royal et Emmanuel Macron, les sociétés d'autoroutes s'engagent à financer 3,2 milliards d'euros de travaux sur 10 ans. En échange, l'État promet d'assurer la stabilité fiscale et un allongement de la durée des concessions. Surtout, l'État valide des "hausses de tarifs additionnelles (...) chaque année de 2019 à 2023" pour compenser le gel des tarifs en 2015.

Le surcoût pour les automobilistes serait de 500 millions d'euros, selon une estimation réalisée par ailleurs par l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) et datant de décembre 2016. "Les automobilistes devront débourser 500 millions d'euros de plus", avait assuré son président dans le Figaro, qui évoquait alors un rattrapage étalé sur 20 ans, et non sur quatre ans, comme prévu, semble-t-il, par l'accord.

Contacté par France 2, l'ancienne ministre de l'Écologie rejette la responsabilité sur le ministère des Finances. "Il y a un arbitrage avec le ministère des Finances. Appelez le ministère des Finances, j'étais contre. Vous avez eu cet accord signé de ma main ? Je ne crois pas", a-t-elle répondu. Le document porte pourtant bel et bien sa signature. De son côté, le ministère des Finances n'a pas répondu aux sollicitations de France 2.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU