Aulnay-sous-Bois : après Théo, les accusations de violences policières se succèdent

Aulnay-sous-Bois : après Théo, les accusations de violences policières se succèdent

Des policiers à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 16 février 2017.

Orange avec AFP, publié le mercredi 22 février 2017 à 14h25

"J'ai cru que j'allais mourir". Le quotidien Libération publie mercredi 22 février le témoignage de Djamel Dib, un agent municipal qui affirme avoir été violemment arrêté par la police à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) quelques jours avant Théo, et presque au même endroit.

Le parquet de Bobigny a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Les faits remontent au 30 janvier vers 16h15, soit trois jours avant le viol présumé de Théo lors d'un contrôle de police dans le quartier des 3.000 à Aulnay-sous-Bois. Ce jour là, Djamel Dib, 34 ans, sort du travail et roule en direction de la crèche où il doit récupérer ses enfants. Un véhicule grille un stop et lui coupe la route. Il bloque alors, "sans le vouloir", une voiture banalisée de la BAC. Le ton monte : "Bouge de là, fils de p...", lui lance, selon lui, l'un des quatre agents présents dans le véhicule. "Il est arrivé vers moi et m'a tout de suite poussé violemment", assure-t-il, ajoutant ne pas avoir tout de suite compris qu'il s'agissait d'agents de police. "Puis, il a tenté de m'attraper le bras, je me suis débattu, et au même moment, son collègue est arrivé par derrière et m'a attrapé au niveau de la gorge".

LA SCÈNE FILMÉE PAR UN TÉMOIN

"Celui qui m'étranglait a serré très fort pendant environ une trentaine de secondes. J'ai cru que j'allais mourir, je n'arrivais plus du tout à respirer", ajoute-t-il. "Puis le deuxième policier m'a fait lourdement chuter à terre avec une balayette. Je suis tombé sur le coude. Et une fois à terre, pendant qu'un policier me faisait une clé d'épaule, un autre m'écrasait la tête contre le sol avec son genou". Menacé au Taser, menotté puis embarqué, Djamel est finalement relâché trois rues plus loin. "Je leur ai dit que cela ne se passerait pas comme ça, que je connaissais le maire d'Aulnay, qu'ils venaient de tabasser un père de famille qui n'avait rien fait !", a-t-il précisé un peu plus tard au Parisien.


Son médecin lui a prescrit "cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT)", écrit Libération. Son certificat médical fait état de "douleurs à la palpation des bases lombaires droites, à la mobilisation de l'épaule droite et à la palpation de la gorge". Il signale également une "impotence fonctionnelle au niveau de l'épaule droite".

"JE VOULAIS UN PEU OUBLIER TOUT ÇA"

Pourquoi ne parler qu'aujourd'hui ? Djamel aurait voulu porter plainte mais les agents en poste au commissariat d'Aulnay auraient refusé d'enregistrer sa plainte "au motif que les fonctionnaires concernés seraient de la même maison". Le commissariat de Villepinte, ville voisine d'Aulnay, le redirige vers l'IGPN (la police des polices). "Je pensais que mon histoire n'irait pas bien loin, j'ai été découragé de donner une suite. Je me suis mis au vert, je voulais un peu oublier tout ça..." Mais ce qui est arrivé à Théo l'a convaincu de parler.


Une courte séquence filmée par un passant - et visionnée par Libération - "permet un début de reconstitution", selon le quotidien. "Djamel est plaqué contre sa voiture par deux fonctionnaires. L'animateur est saisi au niveau du cou par les deux agents, dont un qui lui fait une clé d'étranglement", explique le journal. "Un autre policier est à proximité avec en main un lancer de balle de défense". L'auteur de la vidéo précise qu'"un policier est allé dans leur voiture pour prendre un Taser, puis est retourné vers lui".


L'Obs a également publié le témoignage de Mohamed K, qui affirme avoir été roué de coup sans motif par la police à Aulnay-sous-Bois le 26 janvier. Comme Théo, il met en cause des agents de la Brigade spécialisée de terrain (BST) et non de la BAC.

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78 commentaires - Aulnay-sous-Bois : après Théo, les accusations de violences policières se succèdent
  • Comment se passe une interpellation ? J'engage les gens à aller sur le terrain pour voir comment sont traitées les FDO même en y mettant les formes beaucoup de gens résistent à leur interpellation.

  • il entrave l'action de la police et se place en victime, sur simple affirmation apparemment. Il a de la chance de ne pas avoir été mis en garde à vue.

  • les accusations de violences policieres se succédent ??combien orange ? par rapport aux violences sur policiers ? beaucoup plus entre 100 et 500 fois plus.....messieurs de la presse...

  • respect totale a nos policiers j'admire leur courage dans les conditions ou ils travaillent!

  • grâce aux médias les délinquants ont trouvés le moyen de "casser" du policier
    il suffit de refuser de obtempérer un copain filme et le tout est monter en"boucle"