Augmentation de la taxe d'habitation : Gérald Darmanin rejette la faute sur les maires

Augmentation de la taxe d'habitation : Gérald Darmanin rejette la faute sur les maires
Gérald Darmanin quitte le palais de l'Élysée le 3 octobre 2018.

Orange avec AFP, publié le vendredi 12 octobre 2018 à 10h47

Dans une interview au Figaro, le ministre de l'Action et des Comptes publics dénonce la décision de certains maires d'augmenter la taxe d'habitation malgré l'engagement du gouvernement à la faire baisser de 30%. 

Des augmentations de taxe d'habitation ont été votées par 55 communes de plus de 10.000 habitants, a indiqué jeudi 11 octobre au Figaro le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, renvoyant sur les maires la responsabilité d'une hausse constatée par certains contribuables. 

La baisse de 30% de la taxe d'habitation est une des mesures-phare du gouvernement Macron. Mais alors que les avis commencent à arriver dans les boîtes aux lettres, des contribuables ont partagé ces derniers jours, sur les réseaux sociaux notamment, leur désagréable surprise en constatant une augmentation de cet impôt. L'une des premières mesures phare du quinquennat Macron ne manque-t-elle pas son objectif ? "Je ne crois pas. (...) Parmi les 23 millions de foyers qui la paient, près de 18 bénéficient d'une baisse dès cette année, en moyenne de 200 euros", a déclaré le ministre. 

55 communes de plus de 10.000 habitants concernées

Dans cette interview, Gérald Darmanin n'hésite pas à pointer du doigts ces communes qui ont augmenté la taxe d'habitation malgré la réforme du gouvernement : "Seules 55 communes de plus de 10.000 habitants ont voté des augmentations de taxe d'habitation. C'est le cas de Chantilly, Rambouillet ou Sceaux par exemple. A ces quelques exceptions près, nous saluons la responsabilité des élus locaux qui n'ont pas augmenté les impôts de leurs habitants", a-t-il dit.

Selon le Figaro, c'est au total plus de 6.000 communes françaises - soit plus d'une ville sur six - qui ont augmenté leur taxe d'habitation en 2018. "C'est moins que l'année dernière : en 2017, la taxe d'habitation avait progressé dans 7.300 communes, en moyenne de 0,73 point. Cette année, l'augmentation moyenne s'élève à 0,49 point", a commenté Gérald Darmanin. Selon lui, "c'est la preuve que l'immense majorité des élus a confiance dans le gouvernement pour leur verser la compensation à l'euro près à laquelle nous nous sommes engagés. Nous avons laissé aux communes la liberté de fixer leur taux, comme les maires le demandaient".

"Chacun assume ses décisions"

"Il est important de préserver la liberté des élus locaux de voter les taux. Notre politique est de baisser les impôts, nous le faisons. Chacun peut le constater. Et nous baissons la taxe d'habitation des Français les plus modestes. Nous sommes le gouvernement des classes populaires et moyennes", a-t-il ajouté.Interrogé sur le mécontentement de certains maires quant à la communication du gouvernement qui pointe leur responsabilité en cas de hausse de taux sur la feuille d'imposition : "C'est important que chacun sache à qui il doit les hausses et les baisses de fiscalité".  

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Edouard Philippe avait pour sa part évoqué une baisse constatable "sauf (...) lorsque des communes informées de ce que la mesure s'accompagnait d'un dégrèvement, ont choisi librement sans doute de remonter leurs taux". "Chacun assume ses décisions", avait-il ajouté lors des questions au gouvernement au Sénat.

Interrogé par le Figaro sur l'échéancier de la suppression de la taxe, Gérald Darmanin a rappelé qu'"un peu plus de 5 millions de foyers, la population la moins modeste, ne sont pas concernés par la baisse progressive de la taxe entre 2018 et 2020". Il ajoute que "leur taxe sera supprimée en 2021, soit intégralement cette année-là, ou en deux fois, en 2021 et 2022". Le gouvernement avait jusqu'alors évoqué la date butoir de 2021.

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