Au moins "une demi-douzaine d'attentats" déjoués ces derniers mois en France, selon le parquet antiterroriste

Au moins "une demi-douzaine d'attentats" déjoués ces derniers mois en France, selon le parquet antiterroriste
Jean-François Ricard, qui dirige le Parquet national antiterroriste, lors d'une conférence de presse en octobre 2019.

, publié le lundi 31 août 2020 à 14h10

Le niveau du risque terroriste reste "encore très important", a mis en garde le procureur de la République antiterroriste.

"Plusieurs attentats ont été déjoué, une demi-douzaine au moins" ces derniers mois, a déclaré lundi 31 août sur franceinfo Jean-François Ricard, qui dirige le Parquet national antiterroriste (Pnat). Le procureur de la République antiterroriste a précisé que le niveau du risque terroriste restait "encore très important".



La menace terroriste est de trois sortes, a détaillé le magistrat.

La première est la "menace exportée", c'est-à-dire la menace qui vient principalement de la zone irako-syrienne". Cette menace "a faibli avec l'effondrement militaire de l'Etat islamique (EI)" mais l'organisation terroriste "a encore des moyens colossaux pour agir", a-t-il expliqué. 

La deuxième menace vient de ressortissants d'autres pays que la France, anciens de l'EI, qui "ont pu passer les frontières et rejoindre le territoire français et mettre en place de nouvelles structures", a indiqué Jean-François Ricard en soulignant qu'une structure de ce type avait été démantelée en début d'année à Brest.

S'y ajoute une "menace endogène que l'on pourrait qualifier de menace inspirée par l'idéologie islamiste", a poursuivi le procureur antiterroriste. "Elle peut atteindre des individus tout à fait isolés voire parfois qui présentent un certain déséquilibre mental", a-t-il ajouté. 


Jean-François Ricard a également fait le point sur le sort des Français ayant combattu aux côtés des djihadistes et de leur entourage. "Nous savons (...) qu'il y a environ 250 Français, hommes et femmes adultes, qui se trouvent en détention" dans la zone irako-syrienne, ainsi qu'environ 300 enfants, a-t-il indiqué, en ajoutant que 170 adultes, autant de femmes que d'hommes, étaient revenus en France dans le cadre des accords de coopération policière avec la Turquie. "Chaque fois qu'une de ces personnes revient en France, elle est jugée", a assuré le magistrat.

"Les enfants sont des cas exceptionnels, ils sont pris en charge dans des structures spécifiques sous procédure de l'autorité judiciaire et administrative qui assure un suivi extrêmement fin dans les départements dans lesquels ils se trouvent en général dans leur famille élargie", a-t-il précisé.

Concernant les individus qui ont déjà été jugés et emprisonnés pour acte de terrorisme en France, l'année dernière "environ une quarantaine, un petit peu moins, ont été remis en liberté", a indiqué Jean-François Ricard. Cette année "le chiffre sera légèrement supérieur, l'année prochaine on en aura plus de 60 qui seront remis en liberté et l'année suivante encore une quarantaine", a-t-il ajouté, en précisant qu'ils faisaient l'objet d'un double suivi, administratif et judiciaire.

"Je crois qu'il faut être très réaliste. Si on veut un vrai suivi au quotidien, il faut un nombre considérable de personnes. Les services de renseignement, même considérablement renforcés au de ces dernières années, ne peuvent pas mettre en place ce suivi, sauf dans des cas exceptionnels. Par conséquent, nous le savons, c'est certainement une des menaces les plus lourdes qui pèsent sur notre pays. Car s'il y a suivi, pour beaucoup d'entre eux, ce suivi ne peut pas être absolu", a prévenu le procureur de la République antiterroriste.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.