Attentats : un rapport préconise la fin des militaires en garde statique

Attentats : un rapport préconise la fin des militaires en garde statique
Un militaire dans le cadre de l'opération Sentinelle, le 30 décembre 2015, à Paris

Orange avec AFP, publié le vendredi 17 juin 2016 à 10h28

Ils sont vus comme des "cibles faciles". Un rapport confidentiel du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) propose de mettre fin aux gardes statiques des militaires mobilisés dans le cadre de l'opération Sentinelle, qui déploie depuis les attentats de novembre 2015 10.000 soldats sur le terrain.

Révélé ce vendredi 17 juin par BFMTV, le texte élaboré par ce service de Matignon présente plusieurs pistes afin d'améliorer l'opération de protection du territoire, avec comme idée générale un changement de logique : finis les soldats immobiles stationnés devant des sites sensibles (écoles, lieux de culte, représentations de l'État).

Objectif poursuivi : des effectifs plus mobiles. Le document désigne un problème majeur : le militaire statique est une cible potentielle idéale pour un terroriste. Accentuer sa mobilité permettrait ainsi de rendre les surveillances moins prévisibles et plus adaptée à la menace.

VERS UNE ÉVOLUTION DE L'ARMEMENT ?

La surveillance statique était pourtant un des principes de l'opération Sentinelle à ses débuts. Face à une menace qui dure, le document propose d'adapter le dispositif en généralisant les patrouilles mobiles dans des zones sensibles plutôt que sur des sites en particulier. "Si vous avez une patrouille qui se promène dans un quartier, on ne sait pas où elle est, elle se promène de façon aléatoire, elle est en contact avec la population, et elle est capable d'intervenir", explique le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, qui se montre critique à l'égard d'un dispositif actuel pouvant inciter un terroriste potentiel à passer à l'acte. "On désigne à l'ennemi des cibles qu'il pourrait attaquer" ajoute t-il.

En plus de leur fusil d'assaut, le rapport propose d'adapter l'armement des militaires à des patrouilles au milieu des civils, en ajoutant un pistolet automatique à leur équipement. Cette dernière arme est moins sujette au phénomène de ricochet des balles, et réduit par conséquent les risques de dommages collatéraux. Le texte préconise également une collaboration accrue entre militaires et policiers, dans la surveillance des sites, mais également en cas d'attentat. Les soldats pourraient être alors habilités à appuyer les forces de police en intervention. Le rapport souligne que l'armée dispose de compétences exploitables dans des situations de combat, ou en terme de risques d'attaques explosives ou chimiques.

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