Attentats du 13 novembre : quand un juge antiterroriste interroge le patron de la DGSE

Attentats du 13 novembre : quand un juge antiterroriste interroge le patron de la DGSE

Bernard Barjolet à Paris, le 15 juillet 2016. Le patron de la DGSE a été interrogé par un juge antiterroriste enquêtant sur les attentats du 13 novembre.

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Orange avec AFP, publié le dimanche 30 octobre 2016 à 19h50

Habituellement, la DGSE, rattachée au ministère de la Défense, n'a pas de compte à rendre à l'institution judiciaire. Pourtant, l'un des juges chargés de l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 a interrogé le patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Bernard Barjolet, le 29 juillet dernier, révèle dimanche 30 octobre Le Parisien.

Ce qui a éveillé la curiosité du juge et l'a poussé à entendre en tant que témoin le chef des services d'espionnage, ce sont les déclarations de ce dernier devant la commission parlementaire sur les attentats.

"Il est vrai qu'Abaaoud était un coordinateur, mais pas le commanditaire. Nous connaissons le commanditaire, mais je resterai discret sur ce point", avait-il déclaré à l'époque.

La rencontre entre les deux hommes à lieu à l'hôtel des Invalides, rapporte le Parisien. Après avoir rappelé à Barjolet ses propos tenus devant les députés, le juge va droit au but : "Pouvez-vous, dans ces conditions, donner le nom du commanditaire des attentats du 13 novembre 2015 ?" Mais le magistrat n'a aucun moyen de forcer l'espion à répondre. "Je ne peux pas donner les noms du commanditaire et de ses collaborateurs en raison de la sensibilité de nos sources", répond Bernard Barjolet, avant de prévenir : "la demande de déclassification mettrait en danger nos sources". En effet, si des documents classifiés existent, la loi autorise le juge à réclamer leur déclassification. Le patron de la DGSE a toutefois pris le soin de rappeler au juge qu'en matière de terrorisme, la DGSE travaille avec le renseignement intérieur, la DGSI, et que cette dernière est habilitée à partager des informations avec les juges antiterroristes.

A l'heure actuelle, l'enquête des juges antiterroristes a bien confirmé l'existence d'un commanditaire, distinct d'Abaaoud. Il n'est connu que sous son nom de guerre, Abou Ahmed et serait un francophone haut placé dans l'organigramme du groupe Etat islamique. Cet homme serait à l'origine des attentats du 13 novembre, mais également de ceux de Bruxelles, le 22 mars. Son existence est attestée par la découverte d'un ordinateur trouvé dans une poubelle, près d'une planque bruxelloise des terroristes. Il contient des documents audio dans lesquels les terroristes rendent compte en français de leurs préparatifs à Abou Ahmed, qu'ils appellent "l'émir".

 
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