Au sous-sol d'une maison, un musée du skate unique en France

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Dimitri Jourdan devant une partie de sa collection de skateboards à Grigny, près de Lyon, le 17 septembre 2021
Dimitri Jourdan devant une partie de sa collection de skateboards à Grigny, près de Lyon, le 17 septembre 2021
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© AFP, JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

publié le samedi 18 septembre 2021 à 08h13

Grigny, petite ville proche de Lyon, n'a rien en commun avec la Californie. Sauf le skateboard : à défaut de l'avoir vu naître comme l'état américain, elle abrite depuis peu l'unique musée français consacré à la planche à roulettes.

Son fondateur, Dimitri Jourdan, 36 ans, en expose plus de 600 collectionnées depuis son adolescence, dont les motifs peuvent montrer Mao ou Marilyn Monroe façon Warhol, une parodie déjantée de la Cène, des têtes de morts ou un dessin "Je suis Charlie".   

Au commencement était le roll'n'surf: l'histoire - ou la légende - veut que des surfers américains, en mal de sensations quand l'océan était trop plat, aient eu l'idée de fixer des roues de patins à roulettes sur des planches de bois.

Surfer l'asphalte. Dans les années cinquante, cela plaît aussi aux enfants et d'artisanale, la production devient industrielle avec une première marque, Roller Derby. Et une innovation : des roues en argile, non plus en acier, facilitent la pratique - avant la révolution des roues en uréthane dans les années 1970.

Dimitri Jourdan présente dans son musée, depuis juin, quelques-uns de ces skates antiques parmi sa collection, l'une des plus importantes en Europe - il existe un seul autre musée du genre, à Genève.

Ce Lyonnais pratique le skateboard depuis l'adolescence et collectionne tout ce qui touche à sa passion: planches, roues, "trucks" (trains de roulement), casques, genouillères, magazines. Sans oublier un jeu de l'oie américain autour de la discipline, et quantité de produits dérivés. 

À force d'accumuler des pièces, il a eu l'idée de les exposer dans le vaste sous-sol de sa maison, avec un décor très vintage, plutôt que de les stocker dans des cartons.

"J'ai ciblé les grandes marques et leurs planches-cultes", explique cet ancien salarié d'un fabriquant de baskets très prisé par les skateurs.

Sur ses murs: des modèles de Santa Cruz et de Powell-Peralta, deux marques historiques, ou ceux de Tony Alva, l'une des légendes de la discipline, qui se fit connaître en évoluant dans des piscines vides - les premiers "bowls" - comme le montrent des photos exposées.

À partir des années 1980, la pratique explose et se mondialise, des professionnels apparaissent, comme les Américains Tony Hawk ou Natas Kaupas, passent contrat avec des fabricants, et le graphisme des planches devient un argument commercial.

Des séries sont ainsi conçues comme des puzzles à reconstituer, d'autres servent de support à des tickets de jeu à gratter ; en 1992, une planche mythique est vendue dans un sac opaque pour ne pas en dévoiler la secrète illustration. Les fans les plus curieux en trouveront un exemplaire à Grigny.

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