Attentats de Bruxelles : les enquêteurs sur la piste d'une cellule dormante en France

Attentats de Bruxelles : les enquêteurs sur la piste d'une cellule dormante en France
Les enquêteurs belges suspectent l'existence d'une cellule dormante en France, liée au terroristes responsables des attentats de Bruxelles. (Photo d'illustration)

Orange avec AFP, publié le vendredi 27 janvier 2017 à 14h55

"Carved001884". C'est le nom d'un fichier audio qui laisse penser aux enquêteurs belges qui travaillent sur les attentats de Bruxelles qu'une cellule terroriste dormante est active en France, rapporte LCI vendredi 27 janvier.

Ces jihadistes, qui n'ont pas encore été identifiés par la police, auraient été en lien avec les terroristes qui ont tué 32 personnes le 22 mars 2016 à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem et dans le métro.



L'ordinateur des jihadistes, découvert dans une poubelle de la rue Max-Roos, près de leur planque à Schaerbeek, continue de livrer des informations capitales pour l'enquête. Dans un fichier audio retrouvé dans le disque dur, les policiers belges ont identifié deux voix. D'abord celle de Najim Laachraoui, artificier des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles et futur kamikaze de l'aéroport. Ensuite, celle d'un certain "Abou Ahmed", un de ses commanditaires en Syrie, depuis identifié comme étant le vétéran belge du jihad, Oussama Atar. Au cours de leur conversation, Laachraoui demande si les "frères" présents en France sont encore opérationnels. Il veut qu'ils soient formés pour qu'ils "puissent fabriquer à leur tour des explosifs, être armés et mener des attaques", rapportent les policiers belges. D'ailleurs, Laachraoui et ses complices en Belgique préféreraient frapper en France, avec le soutien logistique de la cellule française. La Belgique servirait alors de base de repli.

DES ÉPISODES DE "C'EST PAS SORCIER"

L'exploitation de l'ordinateur a également permis de mettre au jour les recherches effectuées par les terroristes pour préparer leurs actions. On apprend ainsi que Najim Laachraoui, Mohamed Abrini et les frères El Bakraoui ont utilisé internet pour apprendre des techniques de surveillance, de contre-surveillance ou de fabrication de faux documents. Plus surprenant, le commando avait des enregistrements de l'émission de vulgarisation scientifique pour enfants "C'est pas sorcier". Trois épisodes ont ainsi été découverts : un sur les usines à risques, un autre sur les alertes nucléaires et encore un sur les centrales électriques.

Les enquêteurs ont également découvert un message écrit par Najim Laachraoui à sa mère. Il y a cautionne les attentats du 13 novembre à Paris, et en fait un châtiment d'Allah pour punir les bombardements français en Irak et en Syrie.

"TOUT LE MONDE EST CRAMÉ"

Le dernier fichier audio de l'ordinateur date du 31 mars 2016, la veille des attentats. On y entend un Najim Laachraoui aux abois, paniqué, alors que son ami Salah Abdeslam a été arrêté 3 jours plus tôt. Il annonce à Abou Ahmed l'imminence du passage à l'action de sa cellule. "La situation est telle qu'on ne peut plus, on ne peut plus retarder quoi que soit, tu vois (...). On doit travailler le plus vite possible et on a décidé de travailler inch'allah demain, mardi 22 mars inch'allah. En matinée, parce qu'on a plus de planque de sécurité, il n'y a plus personne, etc. Tu vois, il n'y a plus de frères pour la logistique, etc. Tout le monde est cramé tu vois (...). Toutes les photos sont sorties, etc." Le lendemain matin, il actionnera son gilet explosif dans le hall de l'aéroport de Bruxelles.

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