Attentats de 2016 à Bruxelles : procès en vue pour Salah Abdeslam

Attentats de 2016 à Bruxelles : procès en vue pour Salah Abdeslam
Croquis de Salah Abdeslam au premier jour du procès des attentats du 13-Novembre, le 8 septembre 2021, à Paris.

publié le vendredi 17 septembre 2021 à 16h47

Dix suspects, dont le seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre 2015 en France, ont été renvoyés vendredi 17 septembre devant la cour d'assises de Bruxelles pour les attentats du 22 mars 2016.

Actuellement jugé à Paris pour les attentats du 13-Novembre, Salah Abdeslam a été renvoyé vendredi 17 septembre devant la cour d'assises de Bruxelles pour les attentats du 22 mars 2016. Ce matin-là, deux jihadistes s'étaient fait exploser à l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, et un troisième dans le métro de la capitale belge.

Bilan : 32 morts et plus de 340 blessés. L'enquête avait rapidement révélé, notamment grâce à un ordinateur retrouvé dans une poubelle, que ces auteurs étaient liés à ceux du 13 novembre 2015.



Il s'agira du deuxième procès en Belgique pour le seul survivant des commandos du 13-Novembre, condamné en 2018 à vingt ans de prison pour avoir tiré sur des policier le 15 mars 2016, trois jours avant son arrestation. 

Cette interpellation avait entraîné le passage à l'acte des assaillants du 22 mars.

10 inculpés renvoyés aux assises

Outre Salah Abdeslam, le procès qui se profile à Bruxelles à partir de septembre 2022 concernera cinq autres jihadistes actuellement jugés avec lui à Paris, pour les attaques terroristes du 13 novembre 2015, également revendiquées par l'Etat islamiqueIl s'agit du Belgo-marocain Mohamed Abrini, - l'"homme au chapeau" filmé le 22 mars à l'aéroport de Zaventem -,  du Tunisien Sofien Ayari, complice de la fuite d'Abdeslam (arrêté avec lui le 18 mars 2016 à Bruxelles), du Suédois d'origine syrienne Osama Krayem, qui a rebroussé chemin le 22 mars après avoir accompagné le kamikaze du métro. Sont aussi concernés, d'après le parquet fédéral belge, deux autres Belgo-Marocains : Oussama Atar, cerveau présumé des attaques (probablement mort en Syrie et jugé par défaut à Paris) et Ali El Haddad Asufi, un proche des frères El Bakraoui, deux des trois "kamikazes" du 22 mars.

Au total dix inculpés du dossier ont été "renvoyés ce jour devant la cour d'assises par la chambre des mises en accusation de Bruxelles", a tweeté Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral.

Cette juridiction, la dernière appelée à statuer avant l'organisation du procès, a ainsi confirmé la décision rendue en janvier en première instance par la chambre du conseil du tribunal de Bruxelles. Elle ne s'est pas conformée à l'analyse du parquet fédéral qui avait établi une distinction dans le dossier, plaidant pour que huit hommes soient jugés aux assises pour "assassinats dans un contexte terroriste" et les deux derniers par le tribunal correctionnel pour "participation aux activités d'un groupe terroriste".

Il s'agit des frères Smail et Ibrahim Farisi, soupçonnés d'avoir apporté un soutien logistique aux assaillants, mais qui selon l'accusation n'avaient pas connaissance de leur projet terroriste. En définitive, les deux frères seront jugés aux assises comme le souhaitait Me Sébastien Courtoy, avocat de Smail Farisi, qui a reconnu avoir prêté son appartement bruxellois utilisé comme planque à la veille du 22 mars.

Smail Farisi pourra mieux faire valoir son rôle secondaire s'il peut "poser des questions à ses co-inculpés", avait expliqué Me Courtoy au moment des plaidoiries au printemps, assurant que son client avait été "dupé" par les occupants de l'appartement.

Un millier de personne attendues

"Le procès, selon les prévisions, devrait débuter au palais de justice 'Justitia' dans le courant du mois de septembre 2022, à une date encore à préciser par la cour d'appel de Bruxelles", a souligné vendredi le parquet fédéral dans un communiqué. Le "Justitia" est le nom donné à l'ancien siège bruxellois de l'Otan reconverti en bâtiment de justice ultra-sécurisé pour accueillir ce méga procès. 

Au moins un millier de personnes sont attendues. Le parquet fédéral dit avoir déjà recensé 964 parties civiles, familles de victimes, blessés ou traumatisés, demandant la réparation d'un préjudice.

En Belgique, contrairement à la France, les attentats ne sont pas jugés par une cour d'assises spécialement composée (avec des magistrats uniquement) mais soumis à un jury populaire comme les autres crimes, ce qui rend encore plus complexe l'organisation d'une telle audience.
 

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