Attentat raté aux bonbonnes de gaz près de Notre-Dame : cinq femmes jihadistes renvoyées aux assises

Attentat raté aux bonbonnes de gaz près de Notre-Dame : cinq femmes jihadistes renvoyées aux assises
Des militaires patrouilles devant la cathédrale Notre-Dame à Paris le 15 août 2016.

Orange avec AFP, publié le mardi 11 septembre 2018 à 11h56

En septembre 2016, des bonbonnes de gaz avaient été découvertes dans une voiture près de la cathédrale Notre-Dame à Paris. Le commando composé de cinq femmes avait pu être démantelé par la police. Celles-ci viennent d'être renvoyées aux assises.

Des juges antiterroristes ont ordonné mercredi 5 septembre le renvoi aux assises du commando de cinq femmes jihadistes démantelé en septembre 2016 après un attentat raté à la voiture piégée près de Notre-Dame de Paris, a appris l'AFP lundi 10 septembre.

Ces cinq femmes, aujourd'hui âgée de 21 à 41 ans, sont accusées d'avoir voulu lancer des attaques en suivant les consignes, via des messageries cryptées, de Rachid Kassim, propagandiste du groupe Etat islamique (EI) également renvoyé pour complicité, bien que probablement tué en Irak en 2017. 

Un suspect de l'attentat de Magnanville poursuivi

Ces six accusés devront être jugés devant une cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels, pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Quatre femmes et Kassim sont aussi poursuivis pour des tentatives d'assassinats terroristes et des complicités, selon l'ordonnance, susceptible d'appel, dont l'AFP a eu connaissance. A leurs côtés, deux de leurs proches, dont un suspect de l'attentat de Magnanville - où un couple de policiers avait été tué, sont poursuivis pour non-dénonciation de crime terroriste, un délit entré dans la loi trois mois avant les faits.

Un mauvais choix de carburant

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, après avoir envoyé des vidéos de revendication à Kassim, Inès Madani, alors âgée de 19 ans, et Ornella Gilligmann, une mère de famille de dix ans son aînée, tentaient d'enflammer avec une cigarette une Peugeot 607 remplie de six bonbonnes de gaz et aspergée de gasoil qu'elles avaient garée devant des restaurants en face de la cathédrale. "Seul un mauvais choix du carburant, difficilement inflammable, ce que manifestement elles ignoraient toutes les deux, a fait échec à leur tentative" dont le mode opératoire "augurait d'un carnage" sur les terrasses environnantes, notent les magistrats.

Sur les indications de Kassim, Inès Madani, en cavale, avait alors rejoint deux autres femmes radicalisées : Sarah Hervouët, 23 ans à l'époque et déjà connue des autorités pour ses velléités de départ pour le jihad -, et Amel Sakaou, mère de quatre enfants alors âgée de 39 ans. Toutes les trois sont accusées d'avoir projeté de nouvelles attaques.

La volonté de "Mourir en martyr"

Le 8 septembre, se sachant traquées par la police, elles avaient quitté  précipitamment l'appartement où elles avaient trouvé refuge, armées de couteaux de cuisine. Sarah Hervouët avait blessé un policier du renseignement intérieur et Inès Madani menacé un autre, souhaitant "mourir en martyr". "Nous sommes très satisfaits que les juges aient retenu des qualifications criminelles à la hauteur", s'est félicité Me Laurent-Franck Liénard, avocat des deux policiers.

Il s'agit du premier dossier à être renvoyé aux assises parmi la vague d'attentats et de tentatives d'attentats islamistes qui ont fait 246 morts en France depuis 2015.

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