Attentat des Champs-Élysées : "Si on avait été à l'intérieur, on serait tous morts"

Attentat des Champs-Élysées : "Si on avait été à l'intérieur, on serait tous morts"

Des fourgons de police sur les Champs-Élysées, le soir de l'attentat du 20 avril 2017.

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Orange avec AFP, publié le lundi 24 avril 2017 à 17h34

Les policiers et collègues de Xavier Jugelé, tués jeudi soir sur les Champs-Élysées, ont été reçus lundi 24 avril par le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl. Le chef de l'équipage a livré "un récit circonstancié, bluffant de sérénité et de recul", selon Le Parisien qui a recueilli son témoignage.

L'attentat s'est déroulé à 20h47 ce soir là : le terroriste s'est arrêté à la hauteur du car de police garé sur l'avenue des Champs-Élysées.

Il est sorti de son véhicule, a ouvert le feu à l'arme automatique (de type Kalachnikov) et tué Xavier Jugelé (37 ans) de deux balles dans la tête. "Le terroriste s'est présenté face au conducteur, ne lui laissant aucune chance", a expliqué son chef, brigadier de 44 ans, espérant que "Xavier n'a pas souffert". "Puis l'assaillant a fait le tour du véhicule et ouvert directement le feu de nouveau sur nous", a-t-il ajouté. "J'avais donné l'ordre à chacun de sortir. Si on avait été à l'intérieur, on serait tous morts".

"POUR MA PART, J'AI VIDÉ MON CHARGEUR"

"Le terroriste a pensé que nous étions plus haut sur l'avenue", a poursuivi celui qui a effectué plusieurs stage au Raid, l'unité d'intervention de la préfecture de police. Deux autres policiers ont été blessés, dont le second grièvement d'une balle au bassin, ainsi qu'une Allemande légèrement atteinte au talon. Les fonctionnaires ont alors riposté, abattant le jihadiste : "Pour ma part, j'ai vidé mon chargeur", a expliqué le chef de la 32e compagnie de sécurisation de la direction de l'ordre public et de circulation (DOPC).


Dans la voiture, les enquêteurs ont retrouvé un fusil à pompe, deux gros couteaux, des munitions, un sécateur, un Coran et un papier avec les adresses d'armureries, du commissariat de Lagny (Seine-et-Marne) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). "Un message manuscrit défendant la cause de Daech" est également retrouvé sur un papier près de son corps. Le tueur est un Français de 39 ans, Karim Cheurfi, originaire de Seine-Saint-Denis et résidant à Chelles (Seine-et-Marne).

Bien connu de la police et de la justice, il avait passé 14 ans en prison, période durant laquelle il n'avait "pas présenté de signes de radicalisation", a relevé le procureur de la République François Molins. L'homme, qui n'était pas fiché "S" (sûreté de l'État), semble avoir agi seul, mais les investigations sont en cours pour établir comment il s'est procuré des armes et ses "éventuelles complicités".

"ON VA REPARTIR SUR LE TERRAIN"

"Nous vivons un moment charnière, une période très instable sur le plan international", a déclaré le chef d'équipage. "Mais nous sommes toujours là pour protéger et servir cette France qu'on aime". Avant de poursuivre : "Ne vous trompez pas. On va repartir sur le terrain. Sans jamais oublier Xavier. Sa mémoire vivra à travers nous. Les terroristes n'atteindront pas notre moral. Vous savez, policier, c'est plus qu'un métier, c'est une véritable vocation. Nous sommes là pour protéger et faire en sorte que les gens puissent vivre en paix. Chacun d'entre nous représente une petite brique du rempart édifié face au terrorisme".


Côté enquête, les gardes à vue de trois proches de Karim Cheurfi ont été levées samedi soir. Ces personnes se trouvaient aux domiciles perquisitionnés par les enquêteurs durant la nuit de jeudi à vendredi. "Leurs auditions ont notamment permis de recueillir un certain nombre d'éléments sur le profil et la personnalité de l'assaillant", a relevé une source proche de l'enquête. Un de ses anciens avocats, Jean-Laurent Panier, avait décrit à l'AFP un homme "très solitaire" et "introverti". "A ce stade, les investigations n'ont pas établi qu'il aurait pu bénéficier de complicités, mais elles se poursuivent", a souligné la source proche de l'enquête.


Les deux finalistes de la présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ont été conviés par François Hollande à assister mardi à l'hommage national au policier qui se déroulera à 11h à la Préfecture de police.
 
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