Attentat déjoué : ce qu'il faut retenir de l'intervention de François Molins

Attentat déjoué : ce qu'il faut retenir de l'intervention de François Molins
François Molins, le 18 avril 2017, à Marseille
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Orange avec AFP, publié le mardi 18 avril 2017 à 20h15

Quelques heures après l'annonce de l'arrestation mardi 18 avril à Marseille de deux hommes qui préparaient un attentat "imminent" sur le sol français, le procureur de la République de Paris a tenu une conférence de presse où il a apporté des précisions sur le profil des suspects, ainsi que sur les éléments découverts par les services antiterroristes. Les deux individus interpellés, décrits comme "aussi méfiants que déterminés", se préparaient à mener "une action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu'on puisse déterminer avec précision le jour, le ou les cibles visées", a déclaré François Molins.

UN KILO DE TATP "DÉJÀ PRÊT À L'USAGE"

La perquisition, menée dans un appartement du 3e arrondissement de Marseille, a permis aux enquêteurs de mettre la main sur un impressionnant arsenal : un fusil mitrailleur Uzi, ainsi que deux armes de poing de 7.65.

Trois kilos de TATP, explosif notamment employé lors des attaques du 13 novembre, ont été retrouvés en trois morceaux, "à différent degrés de séchage". "L'un était déjà prêt à l'usage", a précisé François Molins. Une "grenade artisanale" avait également été découverte.


L'appartement avait été reconverti en véritable laboratoire : tenues de chimistes, seringues, doseurs, acétone, eau oxygénée, acide sulfurique, ainsi qu'un sac de boulons et des balles de ping-pong, qui "rentrent dans la composition du TATP". Une caméra portable équipée d'un harnais a aussi été trouvée, avec un plan de Marseille et des photographies d'enfants bombardés dans la zone irako-syrienne.

"LA LOI DU TALION"

Les enquêteurs ont également établi que le plus âgé des suspects, Mahiedine Merabet, cherchait à transmettre une vidéo d'allégeance ou de revendication. Dans le document figurait une table avec un fusil mitrailleur posé, un drapeau du groupe terroriste Daesh, ainsi que des "dizaines de munitions disposées pour écrire 'la loi du talion'". un magazine avec un candidat à la présidentielle en une.

Les deux suspects, Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, s'étaient connus en prison, à Lille, pour des faits de droit commun. "Ils avaient partagé la même cellule pendant deux mois", a précisé François Molins. Le 7 décembre, une perquisition administrative avait visé le domicile de Merabet à Roubaix mais l'homme était resté introuvable. En avril, Mahiedine Merabet avait rendu par courrier ses papiers, dont sa carte d'identité et une carte bancaire, écrivant aux services administratifs : "Laissez moi respirer (...). Je vis d'amour et d'eau fraîche." Deux mois plus tôt, un renseignement indiquait que les deux hommes cherchaient à se procurer des armes, selon l'une de ces sources.

Arrêtés mardi à Marseille, ils avaient tous les deux des contacts dans le sud-est de la France, notamment Baur via des relations avec des Tchétchènes. A ce stade, on ne sait pas s'ils ont fait un éventuel séjour en zone irako-syrienne.

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