Attentat de Rambouillet : "La nation a perdu une femme exceptionnelle", selon la maire de la ville durant l'hommage

Attentat de Rambouillet : "La nation a perdu une femme exceptionnelle", selon la maire de la ville durant l'hommage©Bertrand GUAY / AFP

publié le lundi 26 avril 2021 à 18h04

Ce lundi 26 avril, un hommage a été rendu à Stéphanie Monfermé, fonctionnaire assassinée vendredi dernier par un terroriste.

Une cérémonie "sobre" à Rambouillet, où a eu lieu l'attaque, près de Paris, et un appel au rassemblement devant les commissariats de tout le pays : ce lundi 26 avril, un hommage a été rendu à Stéphanie Monfermé, l'agente administrative assassinée vendredi par un terroriste.


A Rambouillet, la maire de la ville, Véronique Matillon, s'est exprimée devant l'Hôtel de Ville, face aux habitants venus se recueillir. "La nation a perdu une femme exceptionnelle.

Cet attentat a frappé Rambouillet comme il aurait pu se dérouler dans toute autre commune, parce que son but était d'atteindre les valeurs fondamentales de la République", a estimé l'élue divers droite.

"Comme nous sommes unis et que nous le resterons, nous ne fléchirons pas devant une telle abomination. A vous, sa famille, ses proches, et ses collègues, je veux vous dire que vous n'êtes pas seuls. Les Rambolitains, toute la ville, et la France entière, sont avec vous et n'oublieront jamais", a continué la maire.


"Pour finir, je reprendrai Victor Hugo : "Vous n'êtes plus là où vous étiez, mais vous êtes partout là où nous sommes", a conclu Véronique Matillon.

Du "police bashing" selon le syndicat SGP

Des syndicats de policiers ont appelé "l'ensemble des personnels des services de police, gendarmerie, police municipale, préfecture à se rassembler symboliquement devant leur bâtiment" lors de cet hommage.

Le délégué du syndicat SGP des Yvelines, le département où a eu lieu l'attaque, François Bersani, a appelé à un "sursaut citoyen". "Il y a du 'police bashing', ça a toujours été, mais dans ces moments-là, il faut que les liens se resserrent", a-t-il déclaré à l'AFP.

Mère de deux adolescentes

Comme tous les collègues de la victime, René Tardiff doit reprendre mardi le chemin du travail. Sans Stéphanie, sa collègue qu'il décrit comme "discrète, souriante, investie". Une "passionnée" de danse country, mariée avec un boulanger et qui avait deux filles de 13 et 18 ans.

Vendredi en début d'après-midi, lorsque Stéphanie Monfermé regagne le commissariat après avoir régularisé le disque de stationnement de son véhicule, elle est agressée par un homme qui s'"engouffre derrière elle dans le sas" d'entrée, a décrit dimanche le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard.

Il lui a alors porté deux coups de couteau "à l'abdomen et à la gorge", avec "une lame de 22 cm", a poursuivi le magistrat. La fonctionnaire, qui n'était pas armée, est décédée sur place malgré l'intervention des pompiers.

L'assaillant inconnu des services de renseignement

L'assaillant, abattu par un policier, a été identifié comme Jamel Gorchene, un Tunisien de 36 ans, à la radicalisation "peu contestable" et présentant "certains troubles de la personnalité", selon Jean-François Ricard, qui a décrit l'attaque comme "la 17e action terroriste islamiste commise en France depuis 2014 contre les forces de l'ordre".

Jamel Gorchene, chauffeur-livreur, était dépourvu de casier judiciaire et inconnu des services de renseignement et de la justice. Mais son mode opératoire correspond aux appels récurrents du groupe Etat islamique (EI) à s'attaquer aux forces de l'ordre.

"Du combat engagé contre le terrorisme islamiste, nous ne céderons rien", a tweeté vendredi Emmanuel Macron qui a rendu visite samedi à la famille de la victime, "très bouleversée et très digne", selon la présidence.

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