Attentat de Nice : plusieurs témoignages valident la version de Sandra Bertin

Attentat de Nice : plusieurs témoignages valident la version de Sandra Bertin

La policière municipale Sandra Bertin à Nice le 24 juillet 2016.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 28 juillet 2016 à 17h15

- Une enquête préliminaire a été ouverte à Nice pour vérifier les allégations "d'abus d'autorité" émises par la policière municipale niçoise qui assurait avoir reçu des pressions du ministère de l'Intérieur pour modifier son rapport sur l'attentat du 14 juillet. Si Bernard Cazeneuve nie toute implication, plusieurs sources corroborent la version de Sandra Bertin.

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Dimanche 24 juillet, 10 jours après l'attentat de Nice qui a fait 84 morts, et alors que le président de la région PACA Christian Estrosi ne cesse d'accuser le gouvernement d'avoir failli dans sa mission sécuritaire, le Journal du Dimanche publie le témoignage à charge de Sandra Bertin, cheffe du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice, en charge de la vidéosurveillance. La policière municipale accuse notamment un "commissaire de police" envoyé selon elle par le ministère de l'Intérieur et une autre personne disant faire partie du cabinet ministériel, jointe par téléphone, de lui avoir demandé "de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale" et de rédiger un rapport "modifiable". Aussitôt, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dément et annonce porter plainte pour "diffamation".

Pour tirer au clair cette histoire, le procureur de Nice a ouvert mardi 26 juillet une enquête préliminaire pour vérifier ces allégations "d'abus d'autorité". Selon Le Monde, qui a pu consulter des attestations transmises à la justice, plusieurs personnes corroborent la version de la jeune femme. "Je l'ai entendue dire 'je ne mettrai pas ce que je n'ai pas vu aux écrans'", raconte une personne en fonction au centre opérationnel de commandement (COC) de Nice, qui héberge les écrans de vidéosurveillance du CSU.

UN COMMISSAIRE "ENVOYÉ PAR LE CABINET DU MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR"

Plusieurs médias ont révélé par la suite que l'interlocutrice de Sandra Bertin était non pas un membre du cabinet de Bernard Cazeneuve, mais une commissaire de police travaillant à l'état-major de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP), dont le rôle consiste à faire remonter les informations à la Direction générale de la police nationale (DGPN) et à la DSCP. Une information confirmée dès le lendemain par une source policière. Sa présence dans les bureaux du CSU au lendemain de l'attaque du terroriste n'avait donc rien d'étonnant. Or, selon un autre membre du COC, "le 15 juillet vers 15h30, je me trouvais en salle vidéo avec notre responsable, Sandra Bertin, lorsque son adjoint vient la chercher en salle vidéo, en lui disant qu'un commissaire de police venait la voir et qu'il était envoyé par le cabinet du ministère de l'intérieur."

Par ailleurs, selon un employé municipal présent ce jour-là, "le fonctionnaire souhaitait obtenir le rapport de Sandra Bertin dans les meilleurs délais et souhaitait également y voir figurer les indications qu'il soumettait au fonctionnaire de police municipale (...), j'ai rapidement compris qu'il y avait divergence d'opinion sur la façon de rédiger le document".

L'enquête devrait déterminer s'il y a eu "abus d'autorité". Par ailleurs, une autre enquête a été ouverte à Paris le même jour pour "diffamation publique envers un membre du gouvernement et envers la police nationale", et confiée à la Brigade de répressions de la délinquance aux personnes (BRDP).

 
131 commentaires - Attentat de Nice : plusieurs témoignages valident la version de Sandra Bertin
  • Les médias sont aux ordres du gouvernement. Malgré tout, le gouvernement ne peut empêcher la publication de plusieurs témoignanges en faveur de Madame Bertin!

  • Je trouve vraiment scandaleux l'acharnement de Bernard Cazeneuve et de ses collaborateurs contre Madame Bertin.Il y a visiblement quelque chose dans cette vidéo qui doit horriblement les gêner!

  • Cette dame a raison et mérite d'être soutenue, il ne faut jamais céder face au mensonge.

  • Félicitations, Madame, pour votre honnêteté et votre courage professionnel.

  • a tous ceux qui décrient cette policière, réfléchissez un peu, qui croire entre elle et Cazeneuve ?? moi j'ai choisi, c'est elle que je crois, pour la simple raison que le Ministre peut se permettre de mentir, c'est son métier, car il ne craint rien vis a vis de la justice, de plus, si sa plainte en diffamation n'aboutit pas, il n'y aura aucune retombée sur lui ni sur le Premier Ministre qui le soutient et qui, comme lui, est un menteur chevronné, par contre en dévoilant une réalité scandaleuse, la policière risque gros, et c'est peu dire, tout comme ceux qui témoignent en sa faveur, pour moi elle n'a rien inventé, il fallait cacher quelque chose !!!!!!

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