Attentat de Nice : "obsédé", "sadique" et "inhumain", les proches du tueur témoignent

Attentat de Nice : "obsédé", "sadique" et "inhumain", les proches du tueur témoignent
L'attentat, perpétré le 14 juillet par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, a été revendiqué par le groupe État islamique.

Orange avec AFP, publié le samedi 01 octobre 2016 à 14h43

"Le Parisien" et "Libération" ont eu accès à l'enquête de personnalité effectuée sur le terroriste de la Promenade des Anglais (86 morts, plus de 400 blessés). Ses "proches" décrivent un homme "brutal", "obsédé", "narcissique" et "sadique" mais dont la radicalisation a échappé à tous.

Ils ne le pensaient pas capable de tuer.

Trois mois après l'attentat du 14 juillet à Nice, de nouveaux détails émergent sur la personnalité trouble de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Ils confirment les premiers éléments donnés peu après l'attentat. "La vie dissolue de ce père de trois enfants, né à M'saken (Tunisie) il y a 31 ans, semblait souvent à mille lieues des préceptes édictés par le groupe État islamique", écrit Libération en rappelant que les spécialistes expliquent souvent qu'il n'y a pas de "profil type" et que des similitudes existent avec d'autres terroristes tels qu'Amedy Coulibaly (Hyper Cacher) ou Salah Abdeslam (attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis).

"AVEC LUI, TOUT TOURNAIT AUTOUR DU SEXE"

En janvier 2015, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a également envoyé un message à son beau-frère : "Je suis Charlie", écrivait-il. Il ne pratiquait pas la religion musulmane, mangeait du porc, buvait de l'alcool et fumait souvent. "Je ne l'ai jamais vu prier, ni quoi que ce soit en relation avec la religion", a assuré aux enquêteurs, son ex-femme, citée par Le Parisien. Le terroriste semblait également très soucieux de son apparence et l'exploitation d'un de ses téléphones portables témoigne de son "obsession pour le sexe et la pornographie".



Une femme inscrite dans la même salle de sport que lui, le décrit comme "dragueur" et "obsédé sexuel". "Le prof de salsa connaissait Mohamed, il l'avait déjà mis plusieurs fois dehors du cours parce qu'il draguait avec beaucoup d'insistance toutes les filles". Avec lui, "tout tournait autour du sexe", a-t-elle expliqué aux enquêteurs. Elle a également précisé qu'il s'était créé plusieurs comptes Facebook avec lesquels il "harcelait les filles". "Il avait le démon en lui", a confirmé son beau-frère. "Il m'a même montré la poupée gonflable qu'il avait chez lui".

UN MARI ET UN PÈRE VIOLENT

Un autre homme de 74 ans, entendu par les enquêteurs et présenté comme le "confident" et le "financeur" de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, parle d'un homme "violent", capable de brutaliser son épouse "pour avoir des rapports sexuels directs et brutaux, sans sentiments". "Quand il bousculait sa femme, elle m'appelait et j'étais comme le papa", ajoute-t-il. "J'allais chez lui et je le grondais". Une proche de son épouse assure qu'il "a fait des choses inhumaines comme faire caca sur le lit de ses enfants, jeter du vin sur la figure de sa femme. Il prenait la poupée de sa fille et devant elle attrapait un couteau et la plantait dans la poupée pour faire mine de la tuer".

Le couple avait entamé une procédure de divorce en 2014. "Je n'ai aucune peine pour lui mais pour ce qu'il a fait à des innocents", a déclaré son ex-femme selon Le Parisien. L'un de ses anciens patrons a lui parlé d'un salarié à la "bonne présentation, souriant et dynamique". "C'était quelqu'un de sérieux et de même respectueux" mais au "fur et à mesure, j'ai commencé à avoir des remontées négatives de clients qui se plaignaient de son attitude. Il avait tendance à rouler des mécaniques, à faire le beau. Il était du genre mythomane". Il a été contraint de le licencier pour faute grave en 2011.


Présenté au départ comme ayant agi seul, le tueur aurait en réalité mûri son projet plusieurs mois avant les faits et bénéficié de complicités, selon le parquet de Paris qui pilote l'enquête antiterroriste. Il avait notamment effectué plusieurs repérages avec son poids lourd de location. Six personnes sont pour l'instant mises en examen. Les gardes à vue des huit membres de l'entourage de l'auteur de l'attentat du 14 juillet à Nice ont, elles, toutes été levées le 22 septembre. Trois de ces huit hommes, tous de nationalité tunisienne, ont été placés à la fin de leur audition en centre de rétention administrative, parce qu'ils étaient en situation irrégulière.

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