Attentat de Nice : l'histoire d'un buraliste mort en "héros" était inventée

Attentat de Nice : l'histoire d'un buraliste mort en "héros" était inventée
L'attentat perpétré sur la Promenade des Anglais a fait 84 morts

, publié le mercredi 27 juillet 2016 à 18h30

- Un faux nom est venu s'immiscer quelques jours dans la liste des victimes de l'attentat perpétré sur la Promenade des Anglais, le soir du 14 juillet, par Mohamed Lahouaiej Bouhlel. -

L'émotion engendrée par l'attaque menée à Nice n'a pas empêché certains comportements douteux.

L'Agence France-Presse (AFP) a été victime d'un faux concernant une personne prétendument décédée dans l'attentat de Nice (au moins 84 morts). Dans les heures suivant la tuerie, l'agence a décidé, comme elle l'avait fait après les attaques du 13 novembre, d'élaborer des mini-portraits des victimes. Elle a pour cela entamé un travail de recensement, via les autorités locales, les médias et les réseaux sociaux, afin de pouvoir contacter les familles et les proches des personnes décédées dans l'attentat. A ainsi été élaboré un portrait de Timothé Fournier, présenté sur Twitter comme un jeune buraliste parisien mort en protégeant sa femme.

UNE FAUSSE COUSINE S'EXPRIME, PUIS PLUS RIEN

Mais les journalistes de l'agence n'ont jamais retrouvé la trace de ce Timothé Fournier. Le nom de l'individu n'est pas ressorti lors de la divulgation de la liste des 84 victimes de l'attentat, publiée le 21 juillet par la mairie de Nice. La dépêche a aussitôt été corrigée par l'AFP, qui pense avoir été victime d'un faux, de la part d'une personne qui s'est fait passer pour la cousine de cette supposée victime, en donnant de nombreux détails qui ont induit le journaliste en erreur. S'en est suivi un "silence radio" total de la part de cette personne, qui n'a plus répondu aux sollicitations et a fermé le compte Twitter via lequel l'agence avait été en contact avec elle.

"Notre journaliste, par un excès de délicatesse et d'empathie vis-à-vis des victimes de l'attentat, n'a pas procédé à suffisamment de recoupements et de vérifications. C'est très regrettable et dommageable pour l'agence et pour ses clients qui ont repris l'information. Mais nous avons été victimes d'un acte malveillant", a commenté la directrice de l'information, Michèle Léridon. "Nous avons rappelé avec fermeté à la rédaction nos règles sur les sources et l'utilisation des réseaux sociaux. Plus la pression médiatique et émotive est forte, plus nous devons nous tenir à ces règles", a-t-elle ajouté.

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