Attentat de Nice : l'application "alerte attentat" critiquée pour sa lenteur

Attentat de Nice : l'application "alerte attentat" critiquée pour sa lenteur
L'application SAIP est censée alerter la population rapidement en cas d'attentat.

Orange avec AFP, publié le vendredi 15 juillet 2016 à 15h00

- L'application "alerte attentat" a envoyé sa première notification dans la nuit de jeudi à vendredi après l'attentat de Nice (au moins 84 morts). Il aura pourtant fallu attendre plus de 2h avant que les utilisateurs de l'application soient alertés du drame.

Une lenteur critiquée sur les réseaux sociaux. -

L'application, pilotée par la place Beauvau et baptisée "SAIP" pour Système d'alerte et d'information des populations, a été lancée le 8 juin par le gouvernement. Gratuite, elle permet à chacun d'être alerté, directement sur son smartphone, d'une "crise majeure" en cas de "suspicion d'attentat ou d'événement exceptionnel", comme une attaque nucléaire ou la rupture d'un barrage hydraulique. Si l'utilisateur accepte la géolocalisation, il reçoit une alerte dès qu'il entre dans une zone à risques. Celle-ci précise la nature du danger et le comportement à adopter. L'application permet de télécharger jusqu'à huit zones géographiques si l'on s'inquiète pour des proches par exemple.

UN SOUCI TECHNIQUE ?

En théorie, l'utilisateur doit recevoir dans les 15 minutes suivant l'alerte déclenchée par la préfecture, une notification du type "Intervention en cours des forces de l'ordre et de secours suite à un attentat. Abritez-vous. Ne vous exposez pas". Un laps de temps qui s'est avéré beaucoup plus long dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon plusieurs captures d'écrans, l'alerte n'a été envoyée qu'à 1h34 du matin soit plus de 2h30 après l'attaque. La préfecture des Alpes-Maritimes avait alerté la population et les médias aux alentours de 23h15.


Ce retard a été épinglé sur les réseaux sociaux. Mais les causes de ce dysfonctionnement restent encore inconnus : il appartient normalement au préfet du département, concerné par l'attentat, de choisir de déclencher ou non l'alerte. Mais on ignore encore si celui des Alpes-Maritimes, Adolphe Colrat, a décidé de ne pas la faire fonctionner. Le prestataire et développeur de l'application, Deveryware, est convoqué cet après-midi, place Beauvau. Un souci d'ordre technique pourrait être à l'origine du dysfonctionnement : selon plusieurs médias, une saturation du réseau internet mobile a pu retarder la réception des alertes...


RESTÉE SILENCIEUSE POUR L'ATTENTAT DE MAGNANVILLE

En juin, lors du meurtre du couple de policiers à Magnanville (Yvelines), le préfet avait décidé de ne pas activer l'alerte : "Durant la soirée, il s'agissait avant tout d'un forcené retranché dans une zone qui a été très rapidement bouclée. Il n'y avait pas d'impératif de communication, et il n'y avait pas spécialement de conseil de prévention à faire parvenir à la population", avait alors expliqué le ministère.

Outre l'alerte, l'application délivre des conseils pratiques et des consignes à respecter en cas de danger, comme "N'encombrez pas les réseaux de communication" ou encore "Ne téléphonez qu'en cas d'urgence vitale". Les messages de sécurité peuvent être partagés sur les réseaux sociaux. "Ce concours citoyen démultiplie la seule capacité de diffusion de la puissance publique", avait souligné en juin le ministère de l'Intérieur.

La création de cette "appli" avait été décidée "après un retour d'expérience" des attentats de novembre et annoncée par le Premier ministre Manuel Valls. Il avait fixé l'Euro-2016 comme date butoir. Une version plus complète de l'application, intégrant l'ensemble des autres risques majeurs de sécurité civile (inondation, avalanche, séisme ), est en préparation.

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