Attentat de Nice en 2016 : "La République ne cédera rien", affirme Jean Castex

Attentat de Nice en 2016 : "La République ne cédera rien", affirme Jean Castex
Le Premier ministre Jean Castex.

publié le mercredi 14 juillet 2021 à 18h33

Le Premier ministre Jean Castex a assisté ce mercredi 14 juillet à une cérémonie de commémoration à Nice, aux côtés de plusieurs ministres, du maire de Nice Christian Estrosi et de quelque 400 personnes, pour la plupart victimes et familles endeuillées par l'attentat.

Les victimes de l'attentat, qui fit 86 morts à Nice en 2016, ont commémoré ce mercredi 14 juillet cette soirée transformée en "enfer".



Le Premier ministre Jean Castex s'est rendu sur place afin de rendre hommage aux "86 vies fauchées en l'espace de quelques minutes. Des dizaines de personnes blessées et parfois très gravement.

Des centaines durablement traumatisées", a-t-il déclaré.

"La nation toute entière a souffert avec elles et n'a rien oublié de leur drame", s'est souvenu le chef du gouvernement.

"Qu'il soit affirmé haut et fort, ici à Nice, que la République est plus déterminée que jamais, qu'elle ne cédera rien, que l'Etat républicain se battra sans relâche et sans concession pour défendre ses citoyens et ses valeurs cardinales. Jamais nous ne céderons un pouce de terrain à ceux qui veulent semer les ferments de la division, de la haine et de la violence entre eux. La nation est unie", a promis Jean Castex.

Puis de conclure : "L'an prochain aura lieu le procès de ceux qui sont accusés d'avoir pris part à l'ignoble attentat de juillet 2016. Il ne ramènera pas les morts. C'est l'honneur de la France que d'opposer la loi à la barbarie."



Aucune connexion confirmée entre l'EI et l'auteur de l'attentat

Le 14 juillet 2016, Fête nationale en France, environ 30.000 personnes s'étaient rassemblées sur le front de mer qui borde la Méditerranée pour le traditionnel feu d'artifice.

C'est dans cette foule que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a foncé au volant d'un camion de 19 tonnes, fauchant des dizaines de personnes pendant deux minutes, avant que la police ne l'abatte.

L'attaque avait été revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique, qui contrôlait alors des territoires en Irak et en Syrie et menait des attentats meurtriers dans plusieurs pays du monde, même si l'enquête n'a confirmé aucune connexion entre l'organisation ultraradicale et son auteur.

"Une chaude soirée, heureuse et festive. Qui en quelques secondes, se transforme en chaos, en stupeur, en effroi et vision d'horreur. En un enfer qui nous a enlevé nos êtres chers sous nos yeux", a rappelé dans un discours Stéphane Erbs, co-président de l'association de victimes Promenade des Anges.

Ne pas emprunter "le chemin destructeur" de la haine

En plus du Premier ministre, plusieurs ministres et le maire de Nice Christian Estrosi, ont assisté à cette cérémonie de commémoration, en présence de quelque 400 personnes, pour la plupart victimes et familles endeuillées par l'attentat. Tous étaient rassemblés sous le soleil, dans les jardins de la villa Masséna, près de la Promenade des Anglais.

Les photos des 86 personnes tuées étaient déposées devant le coeur en plexiglas et la stèle avec leurs noms dans les jardins, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Dans une vie normale, en cinq ans, on a le temps de réaliser de beaux projets, familiaux, professionnels, associatifs. Cinq ans à l'échelle de la vie c'est une durée significative, à l'échelle de la mort c'est un grain de sable", a poursuivi Stéphane Erbs, décrivant cette vie après l'attentat, "plus difficile, plus âpre, plus amère, sujette à tant de colères et de questions".

"A suivi un hiver bien long pour veiller les morts" mais "l'été finit par revenir", a ajouté Anne Murris, présidente de l'association Mémorial des Anges, qui a perdu sa fille de 27 ans ce jour de juillet 2016.

"S'il y a une chose que je peux affirmer, c'est que nous ne serons plus jamais les mêmes. S'il y a une chose aussi que je peux affirmer, c'est que nous allons absolument rester debout" et ne pas emprunter "le chemin destructeur" de la haine, a de son côté souligné Hager ben Aoussi, co-présidente de l'association Life for Nice, une voie des enfants, dont la fille a été blessée dans l'attaque.

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