Attentat de Nice : ce que l'on sait de l'enquête

Attentat de Nice : ce que l'on sait de l'enquête
Des enquêteurs de la police judiciaire sur la promenade des Anglais à Nice, le 15 juillet.

Orange avec AFP, publié le jeudi 21 juillet 2016 à 13h34

- Contacts ou soutiens logistiques ? Cinq personnes ont été déférées ce jeudi en vue d'éventuelles mises en examen dans l'enquête sur l'attentat perpétré, il y a une semaine à Nice, par Mohamed Lahouaiej Bouhlel (au moins 84 morts). Près de 100 enquêteurs sont mobilisés dans le cadre de l'enquête.

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• Cinq personnes déférées, un kalachnikov retrouvé

Quatre hommes de 22 à 40 ans et une femme de 42 ans ont été présentés ce jeudi 21 juillet à la justice. Ils étaient tous en contact avec Mohamed Lahouaiej Bouhlel avant la tuerie ou sont soupçonnés de lui avoir fourni l'arme de calibre 7.65 mm avec laquelle il a tiré sur des policiers depuis son camion lancé sur la foule, avant d'être abattu. L'un des déférés est un homme de 22 ans destinataire d'un SMS envoyé par le tueur juste avant son carnage. Dans son message, il le félicite pour le "pistolet" qu'il lui a fourni la veille et évoque la fourniture de "cinq" autres armes, précisant que cette nouvelle livraison est destinée à une autre personne "et ses amis".

Une kalachnikov et un sac de munitions ont été retrouvés mercredi au cours d'une perquisition dans une cave d'un proche de ce suspect. Plus de 2.500 euros en liquide et 200 grammes de cocaïne ont également été saisis à son domicile. Lors de ses auditions, le jeune homme a désigné le fournisseur du pistolet comme étant un Albanais de 38 ans, interpellé dimanche avec sa compagne. Un homme de 40 ans, décrit comme une vieille connaissance de Lahouaiej Bouhlel, et un suspect de 37 ans, à qui les cinq armes évoquées dans le SMS auraient pu être destinées, ont également été déférés.


Tous nient à ce stade avoir été au courant des desseins du tueur, selon une source proche de l'enquête. A l'instar de Lahouaiej Bouhlel, aucun n'était connu des services antiterroristes. Le parquet de Paris va ouvrir dans la journée une information judiciaire et les cinq suspects vont être présentés à des juges d'instruction antiterroristes.

• La marque du groupe État islamique sur un homme violent et instable

Le Tunisien de 31 ans, arrivé en France en 2005, a été décrit comme un homme instable, ayant traversé des épisodes dépressifs, battant sa femme (dont il est séparé) et ses enfants et fasciné par la violence. Il est présenté comme un musulman vivant loin des préceptes de l'islam radical, "mangeant du porc, buvant de l'alcool, consommant de la drogue et ayant une vie sexuelle débridée", selon le procureur de Paris François Molins. Il présentait un "intérêt certain" mais "récent" pour la mouvance islamiste radicale, a relevé le magistrat.

Une des personnes déférées a raconté qu'il s'était laissé pousser la barbe huit jours avant les faits et lui avait dit ne pas comprendre pourquoi l'organisation jihadiste "ne pouvait prétendre à un territoire". Des photos de combattants arborant le drapeau de l'EI ont été retrouvées dans son ordinateur. L'EI a revendiqué la tuerie mais rien n'indique qu'elle l'a commanditée. Le mode opératoire répond aux multiples appels aux meurtres lancés par l'organisation dans les pays de la coalition engagée contre elle, en particulier la France.

• Un acte prémédité

L'homme, qui travaillait dans une entreprise de transport près de Nice, avait prémédité son acte, louant le camion puis semblant effectuer des repérages les 12 et 13 juillet sur la promenade des Anglais.

Des clichés retrouvés dans son portable peuvent laisser penser qu'il s'intéressait depuis plusieurs mois à des lieux de rassemblement : un cliché concerne ainsi le feu d'artifice du 15 août 2015 à Nice, un autre la course à pied appelée "Prom'Classic", qui avait lieu le 10 janvier 2016, et un autre une affiche indiquant les horaires d'ouverture de la Fan zone de Nice pendant l'Euro de football, selon une source proche du dossier. Le 1er janvier, Lahouaiej Bouhlel avait pris en photo, avec son téléphone, un article de Nice-Matin intitulé "il fonce volontairement sur la terrasse d'un restaurant".

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