Attentat de la préfecture de police de Paris : ce qu'a dit la femme du tueur aux enquêteurs

Attentat de la préfecture de police de Paris : ce qu'a dit la femme du tueur aux enquêteurs
Mickaël Harpon, auteur de la tuerie à la préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 10 octobre 2019 à 10h28

Selon elle, son époux a traversé "une crise mystique". "Pas un seul instant, je n'ai pensé qu'il pouvait s'en prendre à quelqu'un d'autre que lui-même", a-t-elle déclaré aux enquêteurs. 

Arrêtée jeudi après l'attaque meurtrière perpétrée par son mari Mickaël Harpon, son épouse de 38 ans a été relâchée dimanche sans être poursuivie.

Les enquêteurs cherchaient d'éventuels éléments qui pourraient incriminer cette mère de deux enfants, qui s'était inquiétée "du comportement inhabituel et agité" de son époux la veille de l'attaque et avait échangé avec lui 33 SMS le matin des faits. 

"Une crise mystique" 

Par ailleurs, sa femme, musulmane pratiquante, qui ne porte par le voile, a décrit aux policiers un "comportement inhabituel et agité" de son mari la veille de la tuerie. Franceinfo a eu accès aux huit auditions de cette femme, qui, sourde, aurait détaillé en langage des signes aux enquêteurs la nuit qui a précédé le périple meurtrier de son mari à la préfecture de police, le jeudi 3 octobre. Elle a évoqué auprès des enquêteurs une "crise mystique". "Il récite des versets du Coran, crie 'Allah Akbar', lui dit qu'il entend des voix, 'qu'elle doit protéger leurs enfants'", rapporte Franceinfo. 



Le Point a rapporté de son côté qu'en garde à vue, la femme de Mickaël Harpon "a décrit son époux comme 'possédé' pendant cette crise et a affirmé que toute la famille s'était réunie au milieu du salon, lui en larmes et prostré". Franceinfo raconte qu'elle l'aurait retrouvé le lendemain matin dans le salon, "prostré". Il est malgré tout parti au travail.

"Il a fait son propre chemin" 

Le matin de l'attaque, après un échange de 33 SMS avec son mari "à connotation exclusivement religieuse", selon le procureur, l'épouse, inquiète, "a écrit à une collègue de son mari à la préfecture pour lui signaler son comportement bizarre", a précisé la source proche du dossier. Interrogée sur la radicalisation de son époux, elle a répondu qu'il était un musulman pratiquant mais pas un islamiste, "c'est tout". Elle affirme que lors de leur mariage, il n'était pas "dans cette logique de conversion", "il a fait son propre chemin", a-t-elle déclaré, toujours selon franceinfo."Pas un seul instant, je n'ai pensé qu'il pouvait s'en prendre à quelqu'un d'autre que lui-même", a-t-elle également déclaré. 


En parallèle des signes de radicalisation, les enquêteurs s'interrogent sur d'autres aspects de la personnalité du tueur. Ce fonctionnaire, qui souffrait de troubles auditifs "lourds", avait fait part en février de certaines "frustrations" liées à son handicap qui semblaient freiner sa carrière, selon le rapport.

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