Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : nouvelles informations sur le profil de l'assaillant

Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : nouvelles informations sur le profil de l'assaillant©Capture d'écran BFM TV

, publié le samedi 17 octobre 2020 à 14h55

Vendredi 16 octobre, un professeur d'histoire-géographie, Samuel Paty, a été décapité près d'un établissement scolaire, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). La victime avait donné un cours sur la liberté d'expression en s'appuyant sur les caricatures de Mahomet.

Ce samedi après-midi, le procureur de la République antiterroriste a révélé de nouvelles informations au sujet de l'assaillant et des circonstances du drame.

Vendredi 16 octobre, la paisible ville de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, a été le théâtre d'un attentat atroce. Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie au collège du Bois-d'Aulne a été assassiné par décapitation par un suspect de 18 ans, qui a ensuite été abattu. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".



Ce samedi après-midi, Jean-François Ricard, le procureur de la République antiterroriste, est revenu sur les circonstances de l'attaque, survenue la veille aux alentours de 17h : "Cet enseignant se trouvait sur le chemin le menant de son lieu de travail jusqu'à son domicile lorsqu'il a été attaqué avec une arme blanche. Cette arme, un couteau, a été retrouvée maculée de sang une trentaine de mètres plus loin. (...) Au regard de ces éléments et compte tenu de la nature des faits, du contexte et du mode opératoire, le parquet national antiterroriste a été saisi."

L'assaillant n'était pas connu des services de renseignements

Le procureur a en outre donné davantage d'informations sur le profil de l'assaillant, qui a été abattu peu de temps après son acte criminel à Eragny (Val-d'Oise). Il s'agissait d'un jeune homme de 18 ans, de nationalité russe et d'origine tchétchène. Il vivait à Évreux et bénéficiait du statut de réfugié, avec une carte de séjour de dix ans délivrée le 4 mars dernier. Il n'était pas connu des services de renseignements et n'avait jamais été condamné, même s'il avait déjà eu affaire à la police pour des faits de violence en réunion.

Le professeur avait donné, début octobre, un cours sur la liberté d'expression en montrant les caricatures de Mahomet à ses élèves de Quatrième. "Le soir même, le père d'une élève appelait à la mobilisation contre cet enseignant. Le 8 octobre, ce parent et un second individu ont été reçus par la principale de l'établissement pour faire connaître leur mécontentement." Quelques jours plus tard, cette élève avait porté plainte contre le professeur, accusé d'avoir demandé aux élèves musulmans de quitter la salle de classe. Une version vigoureusement contestée par l'homme mis en cause, qui avait à son tour porté plainte pour diffamation.

Dix personnes placées en garde à vue

Avant de conclure sa prise de parole, Jean-François Ricard a précisé que neuf personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue (un total porté à dix un peu plus tard dans la journée d'après BFM TV) dans le cadre de cette enquête. Le père de la plaignante - dont la demi-sœur aurait rejoint les rangs de l'État islamique en 2014 - en fait partie.

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