Attentat de Christchurch : le rôle central de la France dans le cheminement du terroriste

Attentat de Christchurch : le rôle central de la France dans le cheminement du terroriste
Capture d'écran de la télévision néo-zélandaise montrant une des victimes de l'attaque de Christchurch amenée à l'hôpital.

, publié le vendredi 15 mars 2019 à 15h30

Dans un manifeste publié avant l'attaque sur les réseaux sociaux, le terroriste australien raconte que la défaite de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron l'a poussé à agir, de même que les "envahisseurs" présents en France. 

Le principal suspect de l'attaque des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande a motivé ses attaques avant de passer à l'action. L'homme, qui se présente comme un blanc de la classe ouvrière aux bas revenus, a publié sur Twitter un "manifeste" raciste de 74 pages intitulé "Le grand remplacement", faisant écho à une théorie du complot de l'extrême droite identitaire, introduite en 2011 par l'écrivain français Renaud Camus sur la disparition des "peuples européens", "remplacés" selon lui par des populations non-européennes immigrées.

Le manifeste du suspect, un Australien de 28 ans, porte le sous-titre "vers une nouvelle société, nous ne cessons de marcher", accompagné d'un logo déclinant des thèmes suprémacistes, comme l'"autonomie ethnique", la "protection de l'héritage et de la culture", l'"anti-impérialisme"...

Dès les premières lignes du document, l'homme enjoint l'Occident "blanc" à élever son taux de fertilité, sous peine d'un "remplacement culturel et racial complet du peuple européen", et évoque un "génocide blanc" du fait de l'"immigration de masse" et des "envahisseurs".



Un attentat fomenté depuis 2017

Au fil du document, il se proclame "raciste", "fasciste" et "majoritairement en accord avec Oswald Mosley", fondateur en 1932 de l'Union britannique des fascistes. 

Dans ce texte, il précise avoir décidé de fomenter "un attentat violent" en 2017, "en voyageant en tant que touriste en Europe de l'Ouest, en France, en Espagne, au Portugal et ailleurs". L'homme est en Europe en avril 2017 lors del'attaque au camion de Stockholm qui fait cinq morts, dont une fillette de 11 ans, Ebba Akerlund, "jeune, innocente et morte", "tuée par un attaquant islamiste", écrit-il. "Mon cynisme blasé lors des précédentes attaques n'a pas fait effet".

La défaite de Marine Le Pen, un déclencheur

Second moment-clé de sa radicalisation, affirme-t-il : la victoire d'Emmanuel Macron contre Marine Le Pen lors de la présidentielle française de 2017, celle, selon lui, d'un "ancien banquier internationaliste, mondialiste, anti-Blanc" contre une "mollassonne" et "timide". Il a plus tard des mots très durs pour le parti de Marine Le Pen, le jugeant "complètement incapable de créer un réel changement". "Mon espoir d'une solution démocratique s'est alors envolé", conclut-il, avant d'affirmer avoir visité "une France emplie d'envahisseurs". 



La "goutte d'eau qui fait déborder le vase" fut sa visite des villes françaises, où, dit-il, "dans chaque village les envahisseurs étaient là". Il raconte ainsi ne pas avoir supporté de voir "un flot de ces envahisseurs passer les portes d'un centre commercial" dans l'est de la France, ajoute Le Parisien. "J'en avais vu assez et, en rage, j'ai quitté la ville, refusant de rester une minute de plus dans cet endroit maudit", poursuit-il cité par le quotidien francilien. 

Une troisième mosquée visée 

Le Parisien raconte un autre passage, lorsque l'assaillant a visité un cimetière militaire. Il aurait fondu en larmes, note le journal, pensant à "la mort vaine" de ces soldats, n'ayant pas empêché la conquête de la France par les "envahisseurs". 

Il précise que la Nouvelle-Zélande n'était pas (son) choix initial" pour perpétrer "l'attaque terroriste", mais qu'il s'est finalement rangé à cette option. Il ciblait les deux mosquées de Christchurch et de Linwood, où ont eu lieu les tueries, mais aussi une troisième, dans la localité proche d'Ashburton.

La figure tutélaire d'Anders Breivik 

Il assure avoir ciblé la population musulmane essentiellement en raison de "ses taux de fertilité particulièrement élevés". Le tireur affirme ne pas haïr les autres peuples à condition qu'ils restent sur leurs territoires. "Je souhaite le meilleur aux différents peuples du monde, sans distinction d'ethnie, race, culture ou foi, et qu'ils vivent dans la paix et la prospérité, vivant selon leurs traditions, dans leurs propres nations".

Il cite dans le texte différents auteurs d'attaques racistes ou d'ultra-droite, notamment le norvégien Anders Breivik qui avait tué 77 personnes en juillet 2011, notamment en ouvrant le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya. Il affirme avoir eu "un bref contact" avec lui.

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