Attentat à Strasbourg : ces personnalités politiques qui appellent les "gilets jaunes" à une trêve

Attentat à Strasbourg : ces personnalités politiques qui appellent les "gilets jaunes" à une trêve
Des "gilets jaunes" à Caen, le 18 novembre 2018.

, publié le mercredi 12 décembre 2018 à 13h13

Le secrétaire d'État à l'Intérieur a précisé qu'aucune interdiction de manifester n'avait été décrétée.

Alors que les théories complotistes font florès dans les groupes de "gilets jaunes", dénonçant un attentat organisé par l'État, plusieurs personnalités politiques ont appelé mercredi 12 décembre les manifestants à suspendre leur mouvement après l'attentat de Strasbourg.

Le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez a ainsi dit "espérer qu'il y aura moins de manifestations", samedi, pour l'acte V des "gilets jaunes", comptant sur une "responsabilité générale" des Français notamment après l'attaque de Strasbourg. Aucune interdiction de manifester au niveau national n'a été prise, a-t-il affirmé.


"J'espère qu'on n'aura pas à mobiliser autant d'hommes simplement parce qu'il y aura une responsabilité générale dans le pays qui fera qu'on aura un peu moins de manifestations voire beaucoup moins", a-t-il poursuivi.

Avec l'attaque de Strasbourg mardi soir, qui a fait trois morts et 13 blessés, "la situation a substantiellement changé mais cette menace existait déjà", a-t-il estimé. Si les manifestations devaient être aussi nombreuses que samedi dernier, "nous sommes prêts comme nous l'avons été samedi dernier à être extrêmement mobiles et à procéder à de très nombreuses interpellations", a-t-il assuré.

De son côté, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a supposé que "les manifestations des gilets jaunes ne pourront pas avoir lieu samedi", la France étant placée en "urgence attentat". Interrogée mercredi sur France 2 sur une éventuelle remise en question de la mobilisation des "gilets jaunes" prévue samedi dans le contexte de l'attaque de Strasbourg, la présidente du Rassemblement national a répondu: "Je suppose que si, de toute façon, ce statut d'alerte terroriste est maintenu, par définition il inclut l'interdiction des manifestations, donc les manifestations ne pourront pas avoir lieu". "Si le ministre prend une décision aussi grave que celle qui consiste, dans un pays démocratique, à interdire les manifestations, c'est, je suppose, qu'il doit avoir les éléments", a-t-elle ajouté. 

"Je ne polémiquerai pas là-dessus parce que je pense que la sécurité, en l'occurrence du peuple français, doit être mise en cause pour prendre une décision aussi grave", a renchéri la députée du Pas-de-Calais, qui avait rappelé mardi "qu'il existe une Constitution française (qui) donne au peuple français des droits, dont celui de manifester". 


"Nous n'en sommes pas là. La mesure qui a été prise, c'est l'interdiction de manifestations à Strasbourg uniquement, aujourd'hui" (mercredi), a répondu sur France Inter Laurent Nuñez. "Nous demandons aux gilets jaunes de manifester en déclarant leurs manifestations et ça depuis le début de mouvement", a ajouté M. Nuñez. "Il y a eu de nombreux débordements liés à cette absence de déclarations qui nous empêchent d'encadrer correctement ces manifestations", a-t-il expliqué.

Le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu a jugé mercredi à propos d'une éventuelle trêve du mouvement des "gilets jaunes" qu'il était "difficile" qu'il y ait "des Français dans les rues, sur les rond-points".

"Depuis le début, je fais confiance aux gilets jaunes et à leur bon sens (...) Les problèmes de fond des gilets jaunes de toute façon ne sont pas traités et ils reviendront quoi qu'il arrive", a-t-il estimé sur LCI, en notant que "là, nous avons une urgence absolue qui est la lutte contre le terrorisme". Rappelant que son parti soutenait les revendications des "gilets jaunes" mais n'avait jamais donné de consignes, il a souligné qu'il n'allait "pas (leur) donner d'ordre de rentrer chez eux ou continuer à manifester".

"CHACUN DOIT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS"

Cependant, "chacun doit prendre ses responsabilités, il ne faut pas rajouter de difficulté aux difficultés. Si nous entrons dans une situation d'urgence, extrêmement tendue, à la recherche d'un terroriste, je crois difficile de mélanger les choses et de faire en sorte qu'il y ait des Français dans les rues, sur les rond-points, à partir du moment où la menace terroriste devient extrêmement prégnante, inquiétante".

Quant au vice-président des Républicains, Damien Abad, il a appelé à une "trêve" dans la mobilisation des "gilets jaunes". "Une trêve s'impose, par respect en la mémoire des victimes, et parce que nos forces de l'ordre sont mobilisées", a-t-il déclaré sur Sud Radio. Pour Damien Abad, après l'attaque, "on a besoin d'un appel au calme, aux responsabilités, et on a besoin qu'une trêve s'impose car il faut qu'on protège aussi nos forces de l'ordre, qu'on assure la sécurité", a-t-il dit, estimant que "les Français ne comprendraient pas que nos forces de police ne soient pas pleinement mobilisées sur cette lutte contre le terrorisme".

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