Attentat à Nice : le tueur avait tout prévu

Attentat à Nice : le tueur avait tout prévu©Reuters

, publié le dimanche 17 juillet 2016 à 10h39

84 morts et des dizaines de blessés. C'est le très lourd bilan de l'attaque perpétrée par Mohamed Lahouaiej Bouhlel, jeudi 14 juillet 2016.

Mais avant de mener son raid meurtrier, l'homme de 31 ans que Bernard Cazeneuve dit « radicalisé très rapidement » avait montré plusieurs signes avant-coureurs.

Sur le plan médical, d'une part, son ancien psychiatre à Sousse, en Tunisie, l'a décrit comme parfois « très violent », même en 2004, alors que le futur terroriste n'avait que 19 ans. Dans des propos rapportés par le JDD, le médecin va même plus loin et rapporte avoir « eu l'impression d'un début de psychose » chez son patient, un homme présentant « d'importants troubles du comportement ». Par exemple, il arrivait à Mohamed Lahouaiej Bouhlel d'enfermer « ses parents à clé dans une pièce », une attitude qui lui valut de se voir prescrire « du Haldold, un antipsychotique », selon le psychiatre.

Sur un plan logistique aussi, tout indique que le meurtrier n'a pas agi sur une impulsion, mais a bel et bien prémédité son acte barbare. Déjà, Europe 1 révèle ce dimanche 17 juillet qu'il avait repéré les lieux du massacre, à Nice. Avec son camion, il aurait étudié « très attentivement » son futur trajet, les 12 et 13 juillet.

Révélateur, aussi, du niveau de planification de son attaque, Mohamed Lahouaiej Bouhlel aurait « vidé son compte en une semaine et vendu sa voiture la veille du 14 juillet », comme l'a confié une source policière au JDD, ce samedi 16 juillet, qui affirme même qu'il aurait « déclaré sa radicalisation à son entourage". Selon le Daily Mail, qui s'appuie sur des propos de Jaber, le frère du tueur, celui-ci aurait aussi amassé 100.000 euros avant de les faire parvenir à ses proches en Tunisie.

En revanche, et même si la police a déjà mis la main sur un ordinateur et divers documents, rien n'indique pour l'instant que le terroriste ait été en contact avec la Syrie. Seuls signes possibles de sa radicalisation, il fréquentait « des personnes elles-mêmes en contact avec des islamistes radicaux », selon une source proche de l'enquête qui s'est confiée au Parisien, et aurait changé certaines de ses habitudes dans les jours précédents le 14 juillet, notamment en arrêtant de consommer de l'alcool.

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