Attentat à Marseille : pourquoi l'assaillant a été remis en liberté deux jours plus tôt

Attentat à Marseille : pourquoi l'assaillant a été remis en liberté deux jours plus tôt
La gare Saint-Charles à Marseille a été le théâtre d'un attentat dimanche 1er octobre 2017.

Orange avec AFP, publié le lundi 02 octobre 2017 à 19h26

TERRORISME. Arrêté vendredi pour un vol à Lyon, l'agresseur, en situation irrégulière, aurait dû faire l'objet d'une procédure de reconduite à la frontière.

Mais le centre de rétention administrative local était saturé.

L'enquête sur l'attaque au couteau à Marseille revendiquée par l'organisation État islamique, au cours de laquelle deux jeunes femmes ont été tuées dimanche 1er octobre sur le parvis de la gare Saint-Charles, se concentrait lundi 2 octobre sur le profil de l'assaillant.

Connu depuis 2005 sous sept identités des services de police pour des faits de droit commun, cet étranger en situation irrégulière avait été interpellé vendredi 29 septembre en début de soirée à Lyon pour vol à l'étalage. Placé en garde à vue, il a présenté un passeport tunisien au nom de Ahmed H, a indiqué lundi midi le procureur de Paris François Molins lors d'une conférence de presse. Des investigations sont "en cours pour s'assurer de l'authenticité" du passeport, qu'il n'avait pas sur lui au moment de l'attaque à Marseille.

Alors que l'affaire de vol est classé, une procédure d'expulsion aurait été envisagée, "la Police aux frontières (PAF) étant même sollicitée", rapporte lundi Le Parisien. Mais, "les autorités préfectorales locales n'ont pas été en mesure de prendre une mesure d'éloignement à son encontre", a affirmé le procureur.



"La préfecture du Rhône a indiqué aux services de police que le Centre de rétention administrative (CRA) de Lyon Saint-Exupéry était bondé", précise le quotidien, citant une source proche du dossier. Or, c'est un passage obligatoire lors d'une procédure de reconduite à la frontière. De plus, toujours selon le journal, "la personne de permanence à la préfecture de Lyon, susceptible de signer l'obligation de quitter le territoire était absente".

L'homme sera relâché samedi vers 15h. Le lendemain, aux alentours de 13h45, il tue les deux jeunes femmes sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille.

UNE ENQUÊTE ADMINISTRATIVE OUVERTE

"Ce qui nous surprend c'est que comme il était en état de situation irrégulière, on ne l'ait pas gardé", a réagi le maire Les Républicains de Marseille Jean-Claude Gaudin, après ces révélations.

Une enquête administrative va être menée pour "faire toute la lumière" sur cette affaire, a annoncé lundi l'Intérieur. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a décidé de saisir l'Inspection générale de l'administration (IGA), qui devra rendre ses conclusions "sous une semaine", a précisé le ministère dans un communiqué.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU