Attaques: mort du gendarme "héros" qui s'était substitué à une otage

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 Recueillement devant la gendarmerie nationale à Carcassonne le 24 mars 2018 au lendemain de l'attaque qui a tué 4 personnes dont un lieutenant colonel

Recueillement devant la gendarmerie nationale à Carcassonne le 24 mars 2018 au lendemain de l'attaque qui a tué 4 personnes dont un lieutenant colonel

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© AFP, PASCAL PAVANI
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AFP, publié le samedi 24 mars 2018 à 13h58

Il est "tombé en héros": Arnaud Beltrame, le lieutenant-colonel de gendarmerie qui s'était substitué à une otage retenue par l'assaillant jihadiste dans l'Aude, est décédé samedi, portant à quatre morts le bilan de l'équipée meurtrière de Radouane Lakdim à Carcassonne et Trèbes.

L'enquête confiée aux services antiterroristes se concentre sur l'entourage du tueur, avec le placement en garde à vue dans la nuit d'un jeune homme de 17 ans présenté comme un ami de Radouane Lakdim. Vendredi soir, une "proche qui partageait sa vie" avait déjà été placée en garde à vue, après une perquisition dans son quartier de Carcassonne, selon le procureur de Paris, François Molins.

Le Français d'origine marocaine, 25 ans, a été abattu par les forces de l'ordre après une prise d'otages dans un supermarché Super U de Trèbes, commune proche de la cité historique de Carcassonne. Peu après cette prise d'otages, le gendarme de 45 ans s'était livré à la place d'une femme que l'assaillant avait pris comme "bouclier", a rapporté samedi une source proche du dossier. 

Grièvement blessé par l'assaillant, Arnaud Beltrame a succombé à ses blessures. Emmanuel Macron lui a rendu hommage, déclarant qu'il était "tombé en héros" et méritait "respect et admiration de la nation tout entière".

"Mort pour la patrie. Jamais la France n'oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice", avait tweeté peu avant le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Selon son frère, Cédric Beltrame, "il a donné sa vie pour quelqu'un d'autre. Il savait certainement qu'il n'avait pratiquement aucune chance, il a quand même été très conscient de ce qu'il a fait", a-t-il témoigné sur RTL.

Les drapeaux et étendards de la gendarmerie sont mis en berne ce samedi, a tweeté la gendarmerie nationale. Le général Richard Lizurey, son directeur général, a aussi rendu hommage à l'héroïsme d'Arnaud Beltrame, s'inclinant devant son "courage", son "sens du sacrifice" et son "exemplarité".

Samedi matin, une rose blanche était accrochée sur le portail de la caserne du groupement de gendarmerie départemental de l'Aude à Carcassonne, où deux gendarmes montaient la garde. 

Anne-Marie Bonnet, qui habite non loin, est venue déposer un bouquet de fleurs au pied du portail: "On le remercie pour ce qu'il a fait (...) c'est un geste héroïque et je préfère que l'on parle de lui plutôt que de l'autre", a-t-elle dit.

- Brusque passage à l'acte -

Les enquêteurs tentent désormais de comprendre les raisons du passage à l'acte de Radouane Lakdim, alors qu'il ne semblait plus être une menace aux yeux des autorités. Il s'est présenté vendredi comme "un soldat" du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a peu après revendiqué les attaques.

La dernière attaque en France, ciblée depuis 2015 à de nombreuses reprises, avait eu lieu il y a plus de cinq mois et avait fait deux morts, le 1er octobre 2017, à la gare Saint-Charles de Marseille.

"Nous avions suivi" Radouane Lakdim "et nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation", mais "il est passé à l'acte brusquement", a concédé le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. 

Né au Maroc le 11 avril 1992, cet homme vivait à Carcassonne. Il avait été naturalisé en 2004 car son père était devenu français, selon une source proche de l'enquête.

A partir de 2014, il a été suivi par les services de renseignements et fiché "S" (pour sûreté de l'Etat) "en raison de ses liens avec la mouvance salafiste", selon François Molins.

Mais il a ensuite semblé changer de registre. En août 2016, il a fait un mois de prison après des condamnations pour "port d'arme prohibé", "usage de stupéfiants" et "refus d'obtempérer".

En 2016 et 2017 il a de nouveau été suivi par les services de renseignement, qui n'ont décelé aucun "signe précurseur pouvant laissent présager un passage à l'acte terroriste", selon M. Molins. Sa surveillance est alors arrêtée.

- "Libération de frères" -

Lors de ses attaques, il a notamment demandé "la libération de frères" dont, selon une source proche du dossier, celui de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 (130 morts), emprisonné à Paris.

Radouane Lakdim a entamé son équipée meurtrière peu après 10H vendredi en volant une voiture à Carcassonne, dont il tue le passager et blesse grièvement le conducteur.

Il se dirige ensuite vers une caserne de parachutistes où il patiente "quelques minutes vraisemblablement afin d'attendre des militaires". Il fait alors demi-tour et se dirige vers une caserne de CRS, où il tire sur quatre d'entre eux rentrant d'un footing, blessant légèrement l'un à l'épaule, avant de prendre la fuite.

Vers 11H15, il entre dans un supermarché Super U de Trèbes et tue un employé et un client.

"J'ai vu un individu très excité qui avait une arme de poing, un couteau et qui criait Allah Akbar", a raconté à l'AFP Christian Guibbert, ex-policier, qui faisait ses courses et a mis plusieurs clients à l'abri "dans un frigo de boucher".

"On a fait sortir des collègues et des clients par la porte de secours à l'arrière", a confirmé Jacky, collègue de travail d'une des victimes à la boucherie du supermarché. "Il a été tué d'une balle dans la tête à bout portant", a-t-il ajouté.

Vers 14H20, Redouane Lakdim seul avec l'officier de gendarmerie retenu en otage, ouvre le feu sur le militaire, déclenchant l'intervention du GIGN, selon le récit du procureur Molins.

La France vit sous la menace terroriste depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent qui désormais ont fait 245 morts depuis 2015. Malgré ses déroutes militaires en Irak et en Syrie, l'EI reste une menace par ses attaques à distance ou menées en son nom par des individus plus ou moins isolés.

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203 commentaires - Attaques: mort du gendarme "héros" qui s'était substitué à une otage
  • il faut supprimer les naturalisations a tout va ont ne peux pas sauver toutes la misère du monde qui mettrons des siècles a monter aux niveau des autres nations

  • faut pas être surpris ,radicalisé,fiché S,en attente de passer à l'action, il y en a encore combien des comme lui ??
    on va faire de belles funérailles avec fleurs ,bougies et larmes et dans deux mois on en aura un autre,je ne remercie pas ceux qui ont voté pour le Macron vous êtes un peu responsable de ce fait puisque vous l'avez validé par votre vote ,alors arrêtez de couiner,avec ce genre de gus le terrorisme continuera de perdurer sur notre sol ,arrêtez surtout de faire lés étonnés !
    vous l'avez voulu et bien le voilà le résultat
    toute mes condoléances à la famille de ce pauvre gendarme .

  • Il faut faire comme les Israéliens : expulsion de toute la famille de ce terroriste qui est complice.

    si ont les renvoie tous dans leur pays il n y aura plus grand monde en france au moins on aura de la place pour vivre tranquille

  • "Né au Maroc le 11 avril 1992, cet homme vivait à Carcassonne. Il avait été naturalisé en 2004 car son père était devenu français, selon une source proche de l'enquête.
    A partir de 2014, il a été suivi par les services de renseignements et fiché "S" (pour sûreté de l'Etat) "en raison de ses liens avec la mouvance salafiste".

    Vive la France, Vive La République, bien continuez à baisser le pantalon..............

    Respects à cet Officier supérieur de Gendarmerie, décédé dans l'exercice de ses fonctions.

    Hier à 11:04

    Ah ! du bla bla bla nos autorités savent faire quand les gens sont morts ... mais ils ne savent faire que cela !
    Nous ne l'oublierons pas ! Bien sûr, comme tous les autres déjà tombés sous la haine des ces fanatiques débiles ...
    Mais quand vont-ils nous débarrasser de tous ces personnages radicalisés et les déchoir de la nationalité française ? (n'en déplaise à tous ceux qui sont contre) Quand ? Six mois passent, tranquille, et un matin, ils se réveillent et décident à tout hasard, de frapper ... ça va durer pendant longtemps ? Et on fait re-rentrer sur le territoire ceux qui étaient partis en Syrie combattre ? Mais vous croyez, qu'entre temps ils ont appris à aimer la France et tout ce qui va avec ? On rêve !
    Paix, respect à cet officier gendarme.
    Très sincères condoléances à sa famille.

  • sinceres condoléances a toutes sa famille.arnaud a eté vraiement formidale .si tous les gendarmes étaient aussi humains aujourd'hui je m'endormirait tranquille mon fils est agressé tous les week end nous avons l'impression d'etre seul aprés plusieurs plaintes il vit chez moi avec sa copinej'ai la haine quoi faire ou sont les arnaud pas dans notre departement