Attaques dans l'Aude : la mère et le frère d'Arnaud Beltrame souhaitent qu'il serve d'exemple

Attaques dans l'Aude : la mère et le frère d'Arnaud Beltrame souhaitent qu'il serve d'exemple
Une photo d'Arnaud Beltrame déposée devant la gendarmerie de Carcassonne le 25 mars 2018.

Orange avec AFP, publié le lundi 26 mars 2018 à 09h00

VIDÉO. Nicolle Nicolic-Beltrame et Damien Beltrame saluent la mémoire du lieutenant-colonel de gendarmerie tué par Radouane Lakdim, vendredi à Trèbes (Aude), après avoir pris la place d'une otage du tueur.

La maman du militaire demande "qu'on n'oublie pas et que son acte serve". Pour son frère, " il faut que ce symbole puisse perdurer et nous inspirer".



L'émotion reste immense, trois jours après la mort de quatre personnes dans l'Aude, tuées par Radouane Lakdim, un jihadiste franco-marocain de 25 ans. Parmi les victimes : Arnaud Beltrame, un gendarme de 44 ans, qui s'est substitué à une otage dans le supermarché de Trèbes pour lui sauver la vie. Poignardé au cou, il est mort des suites de ses blessures dans la nuit de vendredi à samedi.



Deux de ses proches saluent sa mémoire et son courage. Sa mère, Nicolle Nicolic-Beltrame, et son frère Damien se sont exprimés dimanche 26 mars dans le 20 Heures de TF1 et sa maman a à nouveau pris la parole lundi sur RTL. Nicolle Nicolic-Beltrame n'est "absolument pas" surprise par la décision de son fils de prendre la place d'une otage : "Je connais Arnaud : loyal, fonceur, altruiste... Depuis tout petit, il est au service des autres, engagé pour la patrie", a-t-elle expliqué sur RTL. "C'est quelqu'un qui avait une mission à accomplir. Je ne suis pas surprise, même si la douleur est là", a-t-elle poursuivi. "C'était évident qu'il se comporterait comme ça (...) quand j'ai entendu qu'un lieutenant-colonel était blessé, je savais pertinemment que c'était lui", se souvient-elle.

"Arnaud n'aurait pas souhaité qu'on baisse les bras

Après avoir effectué des missions dangereuses, en France et dans le monde, Arnaud Beltrame s'était fait muter à Carcassonne pour se rapprocher de Marielle, sa femme depuis août 2016. Ils allaient se marier religieusement le 9 juin près de Vannes, dans le Morbihan. Sa mère savait "bien sûr" qu'il pouvait mourir. Mais "là, j'étais rassurée, en me disant : 'enfin, il va avoir une vie familiale (...) il va enfin pouvoir se poser et puis être heureux en famille", a-t-elle expliqué sur RTL. "Mais "il aimait la vie, ce n'était pas du tout aller se sacrifier" , a-t-elle assuré sur TF1.

"Ce sont les épreuves de la vie. Il faut (...) que ça serve et qu'on soit fort", enjoint Nicolle Nicolic-Beltrame. "Arnaud n'aurait pas souhaité qu'on baisse les bras. C'est pour l'honorer que je suis là, que je parle. Qu'on n'oublie pas et que son acte serve, qu'on soit un peu plus humain, un peu plus tolérant (...) pour un monde meilleur", demande-t-elle. Selon elle, ce drame doit permettre "qu'on soit un peu plus solidaire". "Il faut agir (...) en tant que citoyen", a-t-elle encore demandé sur RTL. Elle appelle à "aimer la vie, tout simplement".

"Il faut montrer la photo des héros, pas des tueurs et des monstres"



Quant à l'assassin de son fils, elle ressent pour lui "de l'indifférence et le plus grand des mépris (...). Pour agir comme ça, on n'est pas bien dans sa tête", juge-t-elle. Pour elle, il ne faut "pas en parler. Surtout, ne pas montrer sa photo.Il faut montrer la photo des héros, pas des tueurs et des monstres". Et d'expliquer : "afficher les images des tueurs (...) c'est faire une émulation pour tous ces gens qui n'existent que parce qu'ils s'approprient quelque chose qui ne correspond pas du tout à une religion", a-t-elle jugé sur RTL.

"Que ce symbole puisse perdurer et nous inspirer"

Le frère d'Arnaud Beltrame, Damien, salue lui aussi l'héroïsme de son frère. "Il était extrêmement courageux. Il a fait ce qu'il devait faire en tant que gendarme, en tant que militaire, mais aussi en tant qu'homme", a-t-il expliqué dimanche sur TF1. "Sa vocation première, c'était le bouclier de la nation, des gens. C'était le gendarme, le militaire, dans son sens le plus noble", a souligné Damien Beltrame.

"C'est devenu un symbole, ça a dépassé la frontière de la famille et maintenant il faut que ce symbole puisse perdurer et nous inspirer", demande également le fère de la victime. Il faut "se dire que des gens sont capables de faire ça".

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