Attaque de Rambouillet : le procureur évoque une radicalisation "peu contestable" de l'assaillant et des "troubles de personnalité"

Attaque de Rambouillet : le procureur évoque une radicalisation "peu contestable" de l'assaillant et des "troubles de personnalité"
Le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard, le 29 octobre 2020 à Nice.

publié le dimanche 25 avril 2021 à 12h26

Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard a précisé dimanche 25 avril qu'une cinquième personne avait été placée en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'attaque au commissariat de Rambouillet. 



Deux jours après l'attaque menée par un Tunisien qui a tué une policière au commissariat de Rambouillet (Yvelines), le procureur antiterroriste a fait le point sur l'enquête dimanche matin 25 avril. Jean-François Ricard a commencé sa conférence de presse en rappelant que les membres des forces de l'ordre étaient des "cibles privilégiées des terroristes".

Et pour cause, cette attaque constitue la 17e action terroriste commise en France contre les forces de l'ordre depuis 2014.

Le procureur a ensuite détaillé l'attaque meurtrière perpétrée par Jamel Gorchene, un ressortissant tunisien de 36 ans. L'homme a été vu une première fois à 12h48 sur son scooter, se dirigeant vers une salle de prière provisoire. Une heure plus tard, il a été vu roulant vers le centre ville. Il est arrivé, à pied, à proximité du commissariat de police à 14h19.

A 14H25, alors que Stéphanie M. - agente administrative sans arme ni uniforme - regagnait le commissariat après avoir régularisé le disque de stationnement de son véhicule, Jamel Gorchene, "écouteurs sur les oreilles", s'est "engouffré derrière elle dans le sas" d'entrée. Il lui a alors porté deux coups de couteau "à l'abdomen et à la gorge", avec "une lame de 22 cm, a relaté M. Ricard. Selon des témoins, l'assaillant a crié "Allah Akbar".

En riposte, un brigadier de police "a fait feu une première fois vers l'agresseur" qui refusait "de lâcher le couteau", conduisant le policier à effectuer "un second tir". L'assaillant tombé au sol a pu lancer "son couteau en direction des policiers", selon le procureur. 

"Avant de passer à l'acte, (l'assaillant) a consulté sur son téléphone portable des vidéos de chants religieux glorifiant les martyrs et le jihad", a également précisé le procureur. 

Le profil de l'assaillant

Jean-François Ricard s'est ensuite attardé sur le profil de l'assaillant. Le Tunisien arrivé en France en 2009 et qui occupait un emploi de chauffeur-livreur, "était titulaire d'une carte de séjour délivré le 28 décembre 2020 et valable un an", a-t-il indiqué, confirmant que ce dernier était inconnu des services de renseignement. Par ailleurs, son "casier judiciaire ne fait état d'aucune condamnation", a-t-il ajouté. 




Le procureur a évoqué une "radicalisation peu contestable", mais a précisé que "la présence de certains troubles de personnalité a pu être observée". Jamel Gorchene souffrait de "troubles du comportement" et s'était rapproché d'un "islam rigoriste", selon les déclarations de son père, interrogé en garde à vue. Il avait notamment "sollicité une consultation psychiatrique, laquelle avait donné lieu à un nouveau rendez-vous". Mais son état n'a nécessité "ni hospitalisation ni traitement", a ajouté le procureur antiterroriste. 

Une cinquième garde à vue

Le magistrat a part ailleurs annoncé devant la presse qu'une cinquième personne, un cousin de l'assaillant, avait été placée en garde à vue dimanche. Son père qui habitait avec lui à Rambouillet, un couple habitant dans le Val-de-Marne qui le domiciliait administrativement et un autre cousin étaient déjà en garde à vue depuis vendredi et samedi.

La Tunisie, dont la France sollicite la collaboration dans cette enquête, a condamné "énergiquement" l'attaque, dans un communiqué de son ambassade transmis dimanche à l'AFP. Elle dénonce un "acte barbare (intervenant) en plein mois de Ramadan, mois saint qui incarne plutôt les valeurs de la tolérance et de la fraternité entre les individus".


 

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