Attaque à Romans-sur-Isère : le suspect mis en examen et placé en détention provisoire

Attaque à Romans-sur-Isère : le suspect mis en examen et placé en détention provisoire
La police sur le lieu de l'attaque terroriste de Romans-sur-Isère (Drôme).

, publié le mercredi 08 avril 2020 à 17h36

La mise en examen concerne des "assassinats en relation avec une entreprise terroriste", précise le parquet national antiterroriste.


Le réfugié soudanais de 33 ans Abdallah Ahmed-Osman fait l'objet d'une mise en examen et a été placé en détention provisoire. tandis qu'une deuxième garde à vue, celle d'un réfugié soudanais de 28 ans, avait été levée dans la journée. Cet homme, dont le domicile à Valence a fait l'objet d'une perquisition, avait été transféré lundi dans les locaux de l'antiterrorisme à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), en compagnie de l'assaillant, Abdallah Ahmed-Osman, pour poursuivre leur garde à vue entamée samedi.

Ce proche ne fait pas l'objet de poursuites.

La garde à vue d'un troisième Soudanais, qui résidait dans le même foyer que l'assaillant et avait été arrêté samedi soir, avait été pour sa part levée lundi, sans qu'il fasse l'objet de poursuites. 

Ce que l'on sait

Armé d'un couteau, Abdallah Ahmed-Osman a agressé des passants dans la rue et des personnes dans un bureau de tabac, une boucherie et une boulangerie. Il en a tué deux et en a blessé cinq autres. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête samedi, notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".


Les investigations ont été confiées à la Sous-Direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, qui coordonne l'enquête, ainsi qu'à la Direction centrale de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure. Selon une source proche de l'enquête, Abdallah Ahmed-Osman a affirmé en garde à vue "ne pas se souvenir de ce qui s'est passé". 

"Les premières investigations tendent à démontrer qu'il aurait agi seul, sans avoir été commandité par une organisation terroriste", détaille le parquet. "Il reconnaît les faits mais ne se souvient pas du détail. Il tient des déclarations confuses, n'explique pas vraiment pourquoi il a commis les faits", explique-t-on de même source.

Inconnu des services

Abdallah Ahmed-Osman, né le 1er janvier 1987 à Tendelti, au Soudan, est inconnu des services de police et de renseignement français ou européen et n'avait "a priori pas d'antécédents médicaux", d'après le parquet national antiterroriste.

Cet homme de nationalité soudanaise est entré en France en août 2016, a obtenu le statut de réfugié fin juin 2017 et le mois suivant un titre de séjour de dix ans par la préfecture de la Drôme.

Il a d'abord vécu à Moras-en-Valloire, dans le nord du département, "accompagné par les services de l'Etat et le Secours catholique", selon le maire de la commune, Aurélien Ferlay. "Rien, absolument rien, ne laissait présager (son) acte immonde". Installé récemment dans le centre de Romans-sur-Isère, dans un logement à quelques mètres des lieux de l'attaque, il a obtenu début 2020 un certificat professionnel de maroquinerie, et travaillait dans une entreprise spécialisée dans le secteur.

"C'était un jeune homme très discret, apprécié de tous, travailleur. On n'a rien vu venir, c'est terrible !", a commenté un membre de la direction au quotidien régional Le Dauphiné Libéré.

Manuscrits à connotation religieuse

De même source, confirmant des informations de francetvinfo, l'assaillant aurait dit aux enquêteurs se sentir "mal dans sa peau", "épié", et "supportait mal le confinement et son chômage technique". Lors d'une perquisition à son domicile, ont été trouvés "des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l'auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants", selon le Pnat, "a priori" écrits par lui.

Six téléphones, dont cinq anciens appareils non exploitables, ont également été saisis. Une première expertise du sixième, qu'il utilisait actuellement, n'a pas permis de retrouver d'élément saillant pour l'enquête, a indiqué une source proche du dossier. Cette attaque est intervenue alors que la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015, qui a fait 258 morts au total après l'attaque de samedi.

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