Attaque à Rambouillet : Jean Castex rend hommage à Stéphanie Monfermé, "assassinée parce qu'elle servait son pays"

Attaque à Rambouillet : Jean Castex rend hommage à Stéphanie Monfermé, "assassinée parce qu'elle servait son pays"
Le Premier ministre Jean Castex, le 30 avril 2021 à Rambouillet.

publié le vendredi 30 avril 2021 à 12h26

Une semaine après l'attaque au commissariat de Rambouillet, le Premier ministre a présidé vendredi 30 avril une cérémonie d'hommage national en mémoire de la policière assassinée par Jamel Gorchene, un ressortissant tunisien de 36 ans.

Au lendemain des obsèques privées de Stéphanie Monfermé, auxquelles ont assisté Brigitte et Emmanuel Macron, un hommage national était organisé vendredi 30 avril, à Rambouillet, cette ville des Yvelines où la fonctionnaire de police de 49 ans a été tuée la semaine dernière par un homme radicalisé. Une cérémonie présidée par le Premier ministre Jean Castex, qui a décoré cette mère de deux enfants de la Légion d'honneur à titre posthume avant de prononcer un discours, au cours duquel il a dénoncé le terrorisme islamisme.



Originaire de Coutances dans la Manche, Stéphanie Monfermé s'était installée il y a vingt ans avec son mari boulanger à Saint-Léger-en-Yvelines.

Elle travaillait au commissariat de Rambouillet depuis 28 ans, d'abord au sein d'un service gérant notamment les infractions routières puis au secrétariat judiciaire. "Elle était dotée d'un caractère heureux et serviable, ce qui fait du bien dans un quotidien souvent difficile d'un poste de police. Elle était accueillie à bras ouverts dans ce commissariat où elle était en service depuis le début de sa carrière, en 1993. Elle était partout chez elle à Rambouillet, car les habitants la saluaient le plus souvent par son seul prénom", a souligné le chef du gouvernement.




"Stéphanie représentait aussi une certaine façon de vivre en France, une certaine façon de vivre la France : cette vie paisible, laborieuse et serviable que nos concitoyens connaissent aussi bien qu'ils l'aiment", a-t-il poursuivi.



Assassinée parce qu'elle représentait l'autorité de l'Etat

Ce vendredi 23 avril, elle "venait de reprendre son service lorsqu'un homme surgi de nulle part l'a assassinée avec une sauvagerie et une détermination qui font frémir", a-t-il rappelé. "Pourquoi cette haine à l'égard d'une femme qu'il ne connaissait pas, qui ne lui avait jamais rien fait ? Parce qu'elle incarnait aux yeux de cet homme, dont je me refuse à prononcer le nom, la police française, et donc l'autorité de l'Etat. Votre collègue a été assassinée parce qu'elle servait son pays, parce qu'elle était au service de la France", a martelé le Premier ministre.

Jamel Gorchene, son agresseur, un ressortissant tunisien âgé de 36 ans, était dépourvu de casier judiciaire et inconnu des services de renseignement et de la justice, mais son mode opératoire correspond aux appels récurrents du groupe Etat islamique (EI) à s'attaquer aux forces de l'ordre. Il a été abattu par les policiers lors de l'attaque. "La défense du droit et de cette liberté si française de croire au ciel ou de ne pas y croire, notre ennemi, le terrorisme islamiste, ne peut la tolérer", a lancé le chef du gouvernement, dénonçant l'"insulte sanglante jetée à la face de tous ceux qui croient en un dieu". 

"Penser à Stéphanie, penser à toutes celles et tous ceux trop nombreux qui ont succombé sous le coup de la barbarie c'est nous unir", a-t-il assuré. "L'évocation des nombreux attentats déjoués ne saurait atténuer l'immense effroi dans lequel nous a plongés l'ignoble crime de Rambouillet", a-t-il ajouté. 

"Nous sommes rassemblés pour nous incliner devant la mémoire d'une femme assassinée", a rappelé le Jean Castex, avant de citer Aragon : "Ce matin nos sanglots forment un même glas".

Une note politique

Son discours s'est achevé sur une note très politique, le Premier ministre  défendant le projet de loi antiterroriste présenté mercredi en Conseil des ministres. A ses côtés, se trouvaient le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, et plusieurs ministres, comme Gérald Darmanin (Intérieur), Eric Dupond-Moretti (Justice), Amélie de Montchalin (Fonction publique), ou encore Marlène Schiappa (Citoyenneté). 

Une centaine de personnalités et d'élus étaient rassemblés à proximité, a constaté une journaliste de l'AFP. Parmi eux, on comptait Valérie Pécresse (Libres! ex LR), Marine Le Pen (RN), Olivier Faure (PS), Laurent de Saint-Martin, Aurore Bergé (LREM) ou encore Clémentine Autain (LFI). 

La cérémonie s'est achevée sur la musique "It's a heartache" de Bonnie Tyler, l'un des morceaux préférés de Stéphanie Monfermé. 
 

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