Attal défend un déconfinement "prudent et pragmatique"

Attal défend un déconfinement "prudent et pragmatique"
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l'Elysée, le 8 avril 2021

publié le vendredi 30 avril 2021 à 11h10

Le calendrier de levée progressive des restrictions est "prudent et pragmatique", et il prend "surtout" en compte "l'envie des Français de reprendre une vie de plus en plus normale", a défendu vendredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, alors que l'opposition accuse l'éxécutif d'effectuer un nouveau "pari" sanitaire.

Côté économie, une concertation sur l'accompagnement de la reprise progressive d'activité des entreprises jusque-là fermées sera menée "la semaine prochaine" avec les fédérations, les partenaires sociaux, et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui "précisera le dispositif avec le Premier ministre Jean Castex la semaine du 10 mai", a précisé M. Attal sur BFMTV et RMC.

A ceux qui accusent Emmanuel Macron d'être trop optimiste voire imprudent, il a opposé le fait que "ce qui a changé, c'est la dynamique" de l'épidémie: à l'annonce des restrictions le 31 mars elle était "exponentielle" mais "depuis plusieurs semaines ça descend, elle perd du terrain", même si "elle le fait doucement", et la vaccination s'accélère.

"Hier ce qu'Emmanuel Macron a annoncé c'est un engagement tenu: la fin des restrictions et un calendrier de réouverture progressive". "C'est un calendrier qui est prudent et pragmatique, qui est fait avec du bon sens et surtout qui tient compte du fait que les Français ont envie de reprendre une vie de plus en plus normale, et ça il faut l'entendre" après "plus d'un an avec des restrictions", a-t-il fait valoir.

Evoquant les "freins d'urgence" cités par Emmanuel Macron en cas de reprise de l'épidémie localement, il a expliqué qu'atteindre l'un des trois critères (plus de 400 infections pour 100.000 habitants, augmentation "très brutale" de ce taux, "menace de saturation des services de réanimation") déclenchera une "discussion au niveau local avec les élus, les représentants de l'Etat - préfet, ARS)". "On regardera et si on considère qu'il y a un risque, on tirera sur le frein".

Côté vaccination, il a redit l'opposition de l'exécutif à une ouverture à l'ensemble de la population, car "avancer en bon ordre, c'est vacciner ceux qui sont les plus à risque de faire des formes graves".

Le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué vendredi qu'elle serait élargie "à partir de samedi" à tous les Français majeurs "fragiles", parmi lesquels les personnes obèses mais aussi celles souffrant de diabète, d'insuffisance rénale ou cardiaque et de cancers.

Enfin pour les entreprises qui vont reprendre une activité à partir du 19 mai, les choses seront aussi progressives et "appréciées au cas par cas", a dit M. Attal. Elles seront "dans un premier temps" toujours "aidées" pour qu'elles ne travaillent pas "à perte".

"Il ne faut pas recommencer le pari comme ce fut le cas en janvier" affirme Olivier Faure, premier secrétaire du PS, dans un tweet qui appelle "à la vigilance".

Guillaume Larrivé, député LR de l'Yonne, "reste inquiet" face aux chiffres de l'épidémie, et appelle sur Public Sénat à une ouverture plus large de la vaccination, comme le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, qui a de nouveau demandé à vacciner "massivement" sur France 2.

Dans un tweet, le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, juge "inutile" de maintenir le couvre-feu jusqu'au 30 juin.

Le porte-parole de la France Insoumise Adrien Quatennens a regretté sur Twitter qu'Emmanuel Macron n'ait pas évoqué des "alternatives" pour "limiter la circulation du virus après réouverture".

L'eurodéputé RN et conseiller de Marine Le Pen, Philippe Olivier s'est "félicité" sur FranceInfo TV de "voir poindre un début de sortie de crise".

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