"Asymptomatique", télétravailler"... Quand le Covid-19 contamine le Larousse 2022

"Asymptomatique", télétravailler"... Quand le Covid-19 contamine le Larousse 2022
(Photo d'illustration)
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publié le samedi 08 mai 2021 à 07h00

L'édition 2022 du dictionnaire accueille 170 mots nouveaux, dont certains nous sont devenus particulièrement familiers avec la pandémie de Covid-19. 

"Je n'avais jamais vu un tel changement linguistique". Le Petit Larousse a dévoilé cette année les nouveaux mots de l'édition 2022. "Cette année, pandémie oblige, nous sommes montés jusqu'à 170 mots", contre 150 habituellement, confie Bernard Cerquiglini, professeur de linguistique et conseiller scientifique du Petit Larousse sur franceinfo



Les mots "asymptomatique", "télétravailler", "cluster", "click and collect", "quatorzaine", "nasopharyngé", "coronapiste", "réa"  ou encore bien sûr "Covid-19" font ainsi leur entrée dans le dictionnaire. De même, certaines entrées se voient adjoindre des expressions que la pandémie a rendues courantes : "immunité collective, de groupe ou grégaire", "pic épidémique" et "plateau épidémique", ou encore "état d'urgence sanitaire" à urgence.

"Cela me rappelle ce qui s'est passé pendant la révolution française : un bouleversement, l'apparition de mots et de sens nouveaux et surtout une appropriation collective de la langue. C'est ce qui nous a frappés, préparant cette édition", explique le linguiste. 

En effet, si certains mots comme "confinement", "intubé", "hydroalcoolique" ou même "pandémie" figuraient déjà dans le Larousse, ils étaient peu utilisés. Ils font aujourd'hui partie du quotidien et certains ont même leurs déclinaisons. Ainsi confinement a donné "déconfinement" et "reconfinement". 

En revanche, cette édition 2022 ne mentionnera pas les "apérozoom" ou "cyberapéro", ces apéritifs virtuels incontournables durant les confinements, même si cela a fait l'objet d'un débat, explique Bernard Cerquiglini à France 24. 

Le dictionnaire ne tranche pas non plus sur LE ou LA Covid-19. Le spécialiste estime le féminin plus correct, tout comme l'Académie française en référence à la maladie causée par le virus. Mais, constate-t-il, "le masculin (influencé sans doute par le coronavirus) est répandu. Le Petit Larousse 2022 propose donc les deux genres, féminin en tête : l'usage tranchera", estime-t-il auprès de l'AFP. 

Pas trop d'anglicisme

Le Larousse se veut un défenseur de la création de mots français pour nommer ces réalités nouvelles. "On pouvait craindre que l'arrivée dans l'usage de termes médicaux, ou relevant du nouveau commerce à distance, s'accompagnât de nombreux anglicismes; force est de constater qu'il n'en est rien : le français, en la circonstance, fait preuve d'une singulière résistance", selon M. Cerquiglini.

Il relève ainsi que "le 'cluster' infectieux cède du terrain devant le foyer de contagion, locution nouvelle" et que "le 'tracking' recule face au traçage". Plutôt que "click and collect" et "drive", le Larousse recommande par ailleurs "cliqué-retiré" et "retrait rapide".

Les mots de la francophonie

Outre les mots liés à la pandémie, le Larousse 2022 accueille aussi, par tradition, des mots de la francophonie et issue des langues régionales. C'est notamment le cas des termes "s'enjailler" ou de "nounounerie". 

"'S'enjailler' est une merveille ! C'est un exemple de nouchi, cette nouvelle forme du français parlée en Côte d'Ivoire. C'est un mot qui vient de l'anglais to enjoy, qui signifie apprécier, s'amuser et que l'on entend maintenant en France chez les jeunes", explique-t-il sur franceinfo. 

Quant à "nounounerie", c'est un terme québécois qui signifie "bêtise, stupidité". 

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