AstraZeneca : pour leur deuxième dose, les Français de moins de 55 ans recevront un autre vaccin

AstraZeneca : pour leur deuxième dose, les Français de moins de 55 ans recevront un autre vaccin
(Photo d'illustration)

publié le vendredi 09 avril 2021 à 10h25

533.00 Français de moins de 55 ans ayant déjà reçu une première dose de vaccin AstraZeneca recevront une deuxième dose de vaccin à ARN messager, a tranché vendredi 9 avril la Haute autorité de Santé. "C'est totalement logique", estime le ministre de la Santé Olivier Véran.

Depuis la mi-mars et sa suspension temporaire après le signalement de plusieurs cas de caillots sanguins, parfois mortels, le vaccin AstraZeneca est réservé en France aux plus de 55 ans.

Dans ce contexte, la Haute autorité de Santé (HAS) recommande vendredi 9 avril que les Français concernés ayant eu AstraZeneca en première dose, reçoivent un vaccin à ARN messager, Pfizer ou Moderna, pour leur deuxième injection. Cela concerne 533.000 personnes en France, selon la HAS.

"Pour ces personnes, nous recommandons aujourd'hui d'administrer un vaccin à ARN messager" pour la deuxième dose avec un intervalle de 12 semaines entre les deux, a indiqué la présidente de la HAS Dominique Le Guludec, lors d'une visioconférence.



Le fait de changer de vaccin entre la première dose et la seconde est appelé "schéma vaccinal mixte", a expliqué le Pr Elisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations de la HAS. "On a des raisons de penser que ce schéma vaccinal est intéressant. Il n'y a aucune raison de craindre des effets secondaires particuliers. La seule chose qu'il faut s'assurer est qu'il y ait une bonne réponse immunitaire, ça devrait être le cas", a poursuivi la Pr Bouvet.

"La décision a finalement été relativement simple", expliquait jeudi soir à franceinfo Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Henri Mondor à Créteil et expert à la Haute autorité de santé (HAS). "On sait qu'une seule dose de vaccin n'est pas suffisante pour assurer une immunité au long cours contre le Covid-19. Il fallait donc prendre une décision sur le vaccin administré pour la deuxième dose. Il a donc été décidé d'utiliser un vaccin ARN". Les techniques entre les vaccins ARN Messager et le vaccin AstraZeneca, qui utilise une technologie "à vecteur viral", "ne sont pas complètement différentes", a-t-il souligné. Ils "vont conduire à la production de la même protéine, qui est la protéine Spike, contre laquelle on veut diriger la réponse immunitaire pour être protégé contre l'infection par le virus SARS-CoV2". "Ce sont des techniques qui ont été très largement utilisées avec d'autres stratégies vaccinale, notamment contre le VIH ou même contre Ebola", a-t-il rappelé. "On sait que ça marche très bien. Et cela donne des réponses immunitaires qui sont plus importantes que lorsqu'on utilise deux fois le même vaccin", a-t-il assuré.


Il est tout à fait cohérent de dire 'On ne recommande pas le vaccin AstraZeneca aux moins de 55 ans en attendant d'en savoir plus (...) et donc si vous avez reçu une première injection et que vous avez moins de 55 ans, on va vous proposer un autre vaccin à 12 semaines après la première injection, vous recevrez une injection d'un vaccin ARN messager", avait affirmé quelques heures plus tôt sur RTL le ministre de la Santé Olivier Véran, rappelant qu'il faisait lui-même partie des Français concernés. Olivier Véran, =1em41 ans, avait été vacciné le 8 février en sa qualité de neurologue de formation.


Parcours chaotique d'AstraZeneca

Depuis son autorisation, le parcours d'AstraZeneca a été chaotique, avec plusieurs rebondissements qui ont entamé la confiance du grand public. Le 2 février, juste après son autorisation, il est d'abord réservé aux moins de 65 ans en France, faute de données sur son efficacité chez les plus âgés. Un mois plus tard, son utilisation est élargie à tous les âges.

Puis, mi-mars, le vaccin est suspendu quelques jours après des signalements en Europe de thromboses (caillots sanguins) très rares et très atypiques. L'Agence européenne des médicaments (EMA) a reconnu mercredi qu'ils étaient bien liés à l'AstraZeneca.

Entre-temps, la France avait décidé le 19 mars de l'injecter uniquement aux plus de 55 ans, car ces thromboses ont surtout été observées chez des sujets plus jeunes. D'autres pays ont également fixé des limites d'âge, mais sans forcément choisir la même. AstraZeneca est par exemple réservé aux plus de 30 ans au Royaume-Uni, de 60 ans en Allemagne ou de 65 ans en Suède.
 

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