AstraZeneca : l'Académie de médecine critique la reprise de la vaccination uniquement chez les plus de 55 ans

AstraZeneca : l'Académie de médecine critique la reprise de la vaccination uniquement chez les plus de 55 ans
(Photo d'illustration)

publié le mercredi 24 mars 2021 à 13h44

L'Académie nationale de médecine estime que réserver la vaccination avec AstraZeneca uniquement aux plus de 55 ans après sa suspension crée de la "confusion" qui "perturbe" la campagne de vaccination.

Après avoir été suspendue dans plusieurs pays d'Europe après le signalement de plusieurs cas de caillots sanguins, parfois mortels, la vaccination avec le produit AstraZeneca a repris en France vendredi dernier,  après un avis de l'Agence européenne des médicaments (EMA) le jugeant "sûr et efficace". Néanmoins, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé de le réserver aux personnes de 55 ans et plus car les rares cas de thrombose veineuse cérébrale ont uniquement été observés chez des moins de 55 ans.





Une décision vivement critiquée mercredi 24 mars par l'Académie nationale de médecine, qui y voit une "source de confusion". Selon elle, cela "perturbe gravement la progression de la campagne nationale de vaccination" en "conduisant les centres de vaccination et les médecins généralistes à annuler des convocations, à modifier les plans de rendez-vous et à jeter des doses de vaccin inutilisées, accroissant le regrettable taux de gaspillage"

De plus, cette décision "induit le doute sur les homologations délivrées par l'EMA et suscite ainsi une défiance du public envers les différents vaccins contre la Covid-19 mis sur le marché", ajoute-t-elle. Dans le contexte de "recrudescence épidémique actuelle de la Covid-19", l'organisme recommande au contraire "de ne pas suspendre l'utilisation d'un vaccin bénéficiant de l'AMM (autorisation de mise sur le marché) sur la base de signalement d'évènements indésirables très rares dont l'incidence chez les vaccinés n'est pas significativement supérieure à l'incidence attendue en population générale". Il estime également qu'il ne faut "pas outrepasser les avis de l'EMA au nom d'un principe de précaution qui devrait d'abord s'appliquer au risque bien réel que constitue la Covid-19".

Dans le même temps, l'Académie suggère "de renforcer les moyens du dispositif national de suivi de pharmacovigilance des vaccins pour assurer l'évaluation clinique approfondie de chaque événement indésirable déclaré, avec une attention particulière pour les accidents thrombotiques" et "de partager avec le grand public les données actualisées sur l'efficacité et l'innocuité des vaccins anti-Covid-19 utilisés en France par une communication soutenue, claire, transparente et non anxiogène".
 

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