AstraZeneca : après la suspension, les stocks sont bas

AstraZeneca : après la suspension, les stocks sont bas©JOHAN NILSSON / AFP

, publié le vendredi 19 mars 2021 à 19h00

Les trois jours de suspension du vaccin AstraZeneca ont entraîné un retard dans la livraison, regrettent les pharmaciens et médecins.

Déjà à flux tendu, les stocks de vaccins AstraZeneca ont souffert des trois jours de suspension, ont averti les syndicats de médecins et de pharmaciens. Les livraisons ont été retardées et resteront rares jusqu'à fin mars.


L'avis rendu jeudi par l'Agence européenne du médicament (EMA) "était indispensable et la décision a été rapide, tant mieux", souffle Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (Uspo).

La suspension de la vaccination avec AstraZeneca, annoncée lundi par Emmanuel Macron - à l'instar de plusieurs autres pays européens - en raison d'un risque supposé de thrombose, avait agacé les professionnels de santé.

Mais "puisqu'il y avait un doute, il fallait le lever, sur des bases scientifiques", admet Gilles Bonnefond, pas inquiet pour la suite de la campagne vaccinale. "Je n'ai pas le sentiment que les patients refusent l'AstraZeneca", assure-t-il, précisant que parmi sa centaine d'inscrits sur liste d'attente, il n'a pour l'instant "reçu aucun appel".

"Ceux qui sont sur nos listes d'attente sont motivés, c'est plutôt sur les indécis que ça risque d'augmenter les refus", tempère Jacques Battistoni, président de MG France, premier syndicat chez les médecins généralistes. Fâché d'avoir été "pris à contre-pied" en début de semaine par le chef de l'État, il a accueilli "avec satisfaction" l'avis de l'EMA "qui permet de remettre les choses en perspective".

Cet épisode ne va de toute façon "pas ralentir le rythme" de la vaccination car il "tombe dans un creux de livraisons", souligne-t-il. En effet, les 500.000 doses qui devaient être livrées cette semaine (140.000 pour les médecins, 360.000 pour les pharmaciens) n'arriveront finalement que la semaine prochaine, précise Philippe Besset, président de la Fédération de syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).


"On nous a interdit de vacciner avec un vaccin qu'on n'a pas", ironise-t-il, soulignant qu'il y a "pour l'instant beaucoup plus de gens qui veulent se faire vacciner que de doses disponibles". Malgré tout, "ça rend la vaccination un peu plus difficile, parce que l'AstraZeneca était déjà mal parti", estime Jean-Paul Hamon, président d'honneur de la Fédération des médecins de France (FMF, 2e organisation chez les généralistes).

"On a décalé quelques rendez-vous pour être sûr d'avoir les doses", ajoute-t-il, "mais cette suspension n'arrange personne, ça angoisse un peu plus les gens".
 

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