Assurance chômage : le gouvernement annonce une prolongation des droits

Assurance chômage : le gouvernement annonce une prolongation des droits
Un sursis pour les chômeurs en fin de droits

, publié le vendredi 13 novembre 2020 à 08h16

Lors de sa conférence de presse jeudi 12 novembre, Jean Castex a annoncé que les indemnisations des chômeurs en fin de droits seraient prolongées. En parallèle, le gouvernement a rencontré les partenaires sociaux pour faire le point sur la réforme.

Conséquence du confinement, le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi lors d'une conférence de presse une prolongation "exceptionnelle" des droits à l'assurance-chômage pour les chômeurs en fin de droits.

Une mesure qui avait déjà été prise lors du premier confinement au printemps.


"Pour les demandeurs d'emploi qui arrivent en fin de droits, tout doit être fait pour éviter le risque de bascule dans la précarité", a déclaré Jean Castex. "Une prolongation de deux mois" concernerait quelque "220.000 personnes", a fait savoir le ministère du Travail.




La réforme reportée à avril 2021

Le gouvernement a proposé jeudi aux partenaires sociaux plusieurs aménagements, notamment pour les jeunes, de sa réforme controversée de l'assurance-chômage, dont l'entrée en vigueur a été reportée de janvier à avril. Ces aménagements pourraient représenter jusqu'à un milliard d'euros d'économies sur 2021-2022.

Lors de cette réunion au ministère du Travail, l'exécutif a proposé de revenir sur le passage de 4 à 6 mois de travail (sur les 27 derniers) pour ouvrir des droits, mais uniquement pour les jeunes de moins de 26 ans. Le seuil de rechargement des droits passerait de six mois (prévus dans la réforme) à quatre mois. Cela concernerait au total 100 à 140.000 demandeurs d'emplois.

Sur la réforme du mode de calcul des allocations, visant à rendre le système plus incitatif à la reprise d'emploi, le gouvernement propose d'introduire un plancher pour limiter un peu la forte baisse de l'indemnisation des personnes concernées, souvent des précaires alternant chômage et contrats courts.

Quant à la dégressivité pour les demandeurs d'emploi ayant eu auparavant un salaire de plus de 4.500 euros brut, celle-ci, d'un montant de 30%, interviendrait au bout de 8 mois au lieu de 6 mois.

Bonus-malus reporté

Côté entreprises, le gouvernement propose de reporter d'un an l'entrée en vigueur du bonus-malus sur la cotisation d'assurance-chômage payée par les entreprises dans sept secteurs grands consommateurs de contrats courts et d'intérim (hébergement-restauration, agroalimentaire, transports...). Il s'appliquerait non "pas sur le passé, sur le comportement à venir des entreprises", a-t-on indiqué au ministère.

De fait, l'éventuel malus ou bonus ne s'appliquerait que sur la cotisation 2023. Cette date de 2023 "fait partie des équilibres qui peuvent bouger", a-t-on souligné au ministère.

Les syndicats très critiques

Les syndicats présents à la réunion ne sont pas satisfaits des propositions. "Ça continuera de taper fort", a dénoncé Michel Beaugas (FO). "Le scénario présenté est inacceptable", a dénoncé Marylise Léon (CFDT). Enfin pour Eric Courpotin (CFTC), c'est "une réforme purement budgétaire".

Une prochaine réunion est prévue début décembre.

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