Assassinat du juge Borrel : sa femme exprime son "besoin de vérité"

Assassinat du juge Borrel : sa femme exprime son "besoin de vérité"

L'épouse de Bernard Borrel, Élisabeth Borrel, en juin 2007 à Paris.

Orange avec AFP, publié le dimanche 30 juillet 2017 à 13h55

VIDÉO - Il y a près d'un mois, un rapport d'experts confirmait "l'origine criminelle" de la mort du juge Bernard Borrel, dont le corps a été retrouvé calciné en 1995 à Djibouti (est de l'Afrique). Dans une interview publiée par Le Parisien, sa femme critique certains acteurs de la justice française et assure qu'elle "ne lâchera rien" pour démasquer "les commanditaires" et "chercher le mobile" du meurtre de son mari.



Vingt-deux ans après les faits, le mystère plane toujours sur les raisons du décès de Bernard Borrel. Alors âgé de 39 ans, ce père de deux enfants était chargé de mission auprès du ministre djiboutien de la Justice. Selon la thèse de son épouse Élisabeth Borrel, il aurait pu être victime d'"un crime d'État qui pourrait impliquer le président de Djibouti et des ressortissants français". "J'ai toujours été convaincue que je saurai ce qui s'est passé", explique-t-elle ce dimanche 30 juillet au Parisien. "Et je sais aussi que je me bats par amour et non par haine".


"Maintenant, c'est la recherche du mobile et des hauteurs", poursuit-elle. "Moi, je pense qu'il y a trop de personnes qui savent. Je pense aussi que la raison pour laquelle on a tué mon mari est tellement grave qu'à un moment, certains vont parler". Elle rappelle que son mari avait été "missionné dans l'enquête du Café de Paris à Djibouti en octobre 1990, où l'enfant d'un militaire français avait été tué".

"ON A FAIT COURIR LES PIRES INSANITÉS SUR MON MARI"

Le rapport daté du 26 juin vient confirmer une expertise de 2007 qui avait déjà mis en lumière la nature criminelle du décès du magistrat, survenu dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995. Élisabeth Borrel regrette que "cela ait mis 22 ans à sortir. Car les éléments sur lesquels reposent les conclusions des experts existaient déjà il y a 22 ans. Mais ils ont été systématiquement écartés par deux juges d'instruction dont la seule mission était de verrouiller la seule version du suicide. Ils ont d'ailleurs été dessaisis du dossier en juin 2000".

"Je n'ai pas compris au début de l'affaire que j'avais contre moi certains magistrats", poursuit-elle. "Mon mari étant procureur, moi-même étant magistrate, je n'ai jamais imaginé que des magistrats de mon pays soient soumis à des instructions dans ce dossier. On évoque souvent le corporatisme dans notre métier, il a joué contre moi". Elle ajoute : "Dans ce petit monde de 8.000 magistrats, on y a fait courir les pires insanités sur mon mari pour l'accuser d'être pédophile et affirmer qu'il s'est suicidé en se mettant à genoux dans une position expiatoire (...) C'est une blessure profonde. On m'avait déjà enlevé mon mari, mais là on m'enlevait aussi mes illusions sur la profession en laquelle je croyais".


En 1995, le corps de Bernard Borrel avait été trouvé, en partie dénudé, en contrebas d'un ravin, dans une région désertique à 80 kilomètres de la capitale. Les experts - qui se sont fondés sur l'examen de photographies et l'étude des rapports incendies et médico-légaux - estiment que les fractures décelées sur le corps du magistrat, au crâne et au bras gauche sont "compatibles avec des coups portés par un tiers". Ils affirment également que "la position" du cadavre, la répartition "homogène des brûlures" et leur "degré" plaident "en faveur du déversement de produit inflammables" sur le corps "recroquevillé" de la victime. Ils écartent également l'hypothèse d'une "auto-aspersion" avec un briquet "qui n'a pas brûlé".

Au regard de la "configuration des lieux", dans un environnement "rocheux abrupt (...) la progression de nuit sur plus d'une dizaine de mètres d'une victime pieds nus, en proie à la douleur des brûlures" et "avec la vue altérée (...) apparaît fortement improbable". La justice avait un temps privilégié la thèse d'un suicide du magistrat avant de réorienter l'enquête vers la piste criminelle à partir de 2002.

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30 commentaires - Assassinat du juge Borrel : sa femme exprime son "besoin de vérité"
  • respect Madame, vous avez beaucoup de courage et de dignité. je souhaite que la vérité sorte enfin pour votre repos

  • il faut ouvrir les archives et documents secrets c'est un honneur pour notre justice et pour la vérité quel qu'en soit le résultat , Madame continuez et vos enfants aussi

  • Honneur à votre courage Madame et que le meilleur soit dans votre quête de la vérité

  • Bonsoir,
    mes respects, Madame, sachez que beaucoup de personne n'ont pas oubliez
    cet assassinat au nom de raisons politiques d' Etats.

  • Elle a du courage pour défendre la vérité, c'est comme d'autres suicidés de l'état.
    Je vous soutien dans le combat de vérité que vous menez.