Assassinat de Samuel Paty : une pasteure caricature sa propre religion en l'honneur de la liberté d'expression

Assassinat de Samuel Paty : une pasteure caricature sa propre religion en l'honneur de la liberté d'expression©Photo d'une manifestation en l'honneur de Samuel Paty (via Panoramic)

, publié le mardi 20 octobre 2020 à 18h05

Pasteure protestante à Roubaix (Nord), Sandrine Maurot a publié sur son compte Facebook des caricatures de sa religion vendredi 16 octobre. Une manière de soutenir la liberté d'expression après le meurtre de Samuel Paty.

Apprendre à rire de soi-même pour pouvoir ensuite rire de tout. Le quotidien régional La Voix du Nord revient sur l'initiative très partagée de Sandrine Maurot. Pasteure de l'église protestante unie de France à Roubaix (Nord) depuis 2018, elle a décidé vendredi 16 octobre de publier sur son compte Facebook des caricatures de sa propre religion. Une manière de prouver que la liberté d'expression doit pouvoir concerner n'importe quelle communauté religieuse.



Une initiative très suivie : environ 2 400 partages sur Facebook et des milliers de tweets ont permis de relayer ce mouvement. En ces temps difficiles avec l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, la femme voulait tout faire pour que la liberté de parole persiste dans le pays. « Vive l'humour ! Vive la liberté d'expression », s'est-elle exclamée sur ses réseaux sociaux. « L'idée était de dire que j'accepte que d'autres puissent critiquer mes convictions religieuses. Et j'invitais les amis qui le souhaitaient à faire de même. »

Un accueil mitigé

Si les publications de caricatures se sont multipliées, elles n'ont pas toutes été accueillies de la même manière. Plusieurs internautes n'ont pas cautionné de voir de telles oeuvres, dénonçant un « blasphème » et une initiative « déplacée » et « choquante », rapporte La Voix du Nord.

D'autres personnes ont accepté de se prêter au jeu. Des protestants comme Sandrine Maurot mais aussi des catholiques et des juifs : tous ont relayé des images ironisant sur leurs croyances. Même les athées ont fait preuve de second degré sur leur absence de religion.

Face aux critiques, la pasteure de Roubaix prône l'apaisement. « Je souhaite préciser qu'il ne s'agissait nullement de stigmatiser les religions. Accepter la critique de nos convictions les plus chères nous concerne tous, pour que nous puissions vivre ensemble », a-t-elle réaffirmé lundi 19 octobre.

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