Assassinat de Samuel Paty : une étudiante condamnée pour "apologie du terrorisme" à cause d'un commentaire sur Facebook

Assassinat de Samuel Paty : une étudiante condamnée pour "apologie du terrorisme" à cause d'un commentaire sur Facebook
L'étudiante regrette ce qu'elle a écrit

, publié le vendredi 23 octobre 2020 à 22h34

Une étudiante a été condamnée ce vendredi à 4 mois de prison avec sursis pour avoir écrit que l'enseignant Samuel Paty "méritait" de mourir.

Vendredi, une étudiante en biologie de 19 ans a été condamnée par le tribunal de Besançon à 4 mois de prison avec sursis pour "apologie du terrorisme". Elle devra également effectuer un stage de citoyenneté dans les 6 mois à venir.

La jeune femme était jugée en comparution immédiate.




L'assassinat du professeur Samuel Paty vendredi 16 octobre a provoqué un vif émoi en France. Depuis cet acte de terrorisme, de nombreux rassemblements pour lui rendre hommage se sont déroulés dans le pays. Mercredi, Emmanuel Macron a salué le combat de l'enseignant pour la liberté. Le journal L'Est Républicain a annoncé sur sa page un rassemblement en l'honneur du professeur sur sa page Facebook. L'étudiante avait alors écrit en commentaire de la publication : "Il mérite pas d'être décapité, mais de mourir, oui".

"Je regrette", affirme l'étudiante

Le commentaire a été signalé par un internaute sur la plateforme Pharos. Cela avait conduit jeudi à son interpellation à l'université de Besançon et à son placement en garde à vue.

"Je regrette d'avoir écrit ce commentaire, je m'en excuse", a déclaré l'étudiante devant le tribunal, soulignant avoir elle-même "effacé le soir même" son message rédigé "trop vite" et "sans réfléchir". Sur son ordinateur, les enquêteurs n'ont trouvé aucun lien avec un quelconque réseau terroriste précise France 3.

"J'ai fait une très grosse erreur, ces messages ne me correspondent pas", a insisté la jeune femme. "Je ne suis pas du tout contre le fait qu'il (Samuel Paty) ait montré une caricature. C'est un professeur qui présente son cours comme il le souhaite", a ajouté cette jeune fille issue d'une famille de musulmans qui dit "vivre (sa) religion à la maison" et avoir justement fui la violence en Algérie.

Pour la procureure Margaret Parietti, qui a requis six mois de prison avec sursis probatoire et 180 heures de travail d'intérêt général, "nous sommes dans un contexte où on ne peut pas écrire, dire n'importe quoi".

L'avocate plaide une réaction à chaud

L'avocate de la prévenue, Caroline Espuche, a parlé d'une "jeune femme bien insérée" qui "ne regarde pas tellement les infos" et ne savait "pas grand chose de Samuel Paty". "Elle fait ses commentaires, sans chercher à se renseigner, elle réagit à chaud" sur les réseaux sociaux, a plaidé son avocate.

Ce vendredi, Jean Castex a annoncé une intensification de la surveillance des réseaux sociaux.

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