Assassinat de Samuel Paty : la mosquée de Pantin sera bien fermée pour six mois

Assassinat de Samuel Paty : la mosquée de Pantin sera bien fermée pour six mois
La Grande Mosquée de Pantin, le 20 octobre 2020.

, publié le mardi 27 octobre 2020 à 13h50

Le tribunal administratif de Montreuil a validé mardi la décision ordonnée par le ministère de l'Intérieur de fermer temporairement la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis). La Fédération musulmane de Pantin a l'intention de faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat.




Accusée d'avoir relayé des propos qui ont conduit à l'assassinat de Samuel Paty, la mosquée de Pantin sera bel et bien fermée lors des six prochains mois.

Le tribunal administratif de Montreuil a validé mardi 27 octobre la décision ordonnée par le ministère de l'Intérieur depuis le 21 octobre. "Il n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales" en fermant provisoirement le lieu de culte "aux fins de prévenir la réitération de tels actes", a estimé le tribunal dans un jugement consulté par l'AFP.

Les autorités reprochent à la mosquée d'avoir partagé, le 9 octobre sur sa page Facebook, une vidéo montrant le père d'une élève d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) indigné à la suite d'un cours sur la liberté d'expression dispensé par Samuel Paty. Le 16 octobre, le professeur d'histoire-géographie était décapité par un réfugié d'origine russe tchétchène âgé de 18 ans qui lui reprochait d'avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

"Négligence incompréhensible"

Cette fermeture temporaire par le gouvernement a fait l'objet lundi d'un âpre débat devant la justice. "Je suis accablé, on est dans un engrenage", a déploré M'hammed Henniche, le responsable de la mosquée de Pantin, également président de la Fédération musulmane de cette ville devant les juges. "On ne pensait jamais arriver, le 9 octobre, à ce qui s'est passé le 16 octobre", à ce "crime ignoble", a-t-il assuré. 

La "faute morale" de M. Henniche doit être associée à la "prise en compte du contexte" et la "prise en compte du retrait" de la vidéo incriminée, le jour-même du drame, a plaidé Me Vincent Brengarth, un des avocats de la Fédération musulmane de Pantin. "Il n'en demeure pas moins qu'il a fait preuve, en tout état de cause, d'une négligence incompréhensible, alors que sa position et ses fonctions auraient dû le conduire à plus de retenue", a souligné le tribunal administratif dans son jugement.

"Cette diffusion s'inscrit, en outre dans un contexte d'entrisme de la mouvance radicale au sein de la Grande mosquée de Pantin. Il résulte en effet de l'instruction que M. Doucouré, alias Abou Talha, un des imams de la mosquée de Pantin officiant à la prière du vendredi, est impliqué dans la mouvance islamiste radicale d'Île-de-France", a ajouté le tribunal. M. Doucouré avait annoncé dimanche se mettre en retrait de ses activités. 

La Fédération musulmane de Pantin, par le biais de ses avocats, a annoncé dans un communiqué son intention de faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.