Asnières : des croix gammées sur une permanence socialiste

Asnières : des croix gammées sur une permanence socialiste
Des croix gammées ont été dessinées sur le rideau métallique de la permenance du député PS, Sébastien Pietrasanta, à Asnières.

Orange avec AFP, publié le vendredi 27 mai 2016 à 13h57

- La permanence du député PS, Sébastien Pietrasanta a été taguée de plusieurs croix gammées dans la nuit de mercredi à jeudi à Asnières (Hauts-de-Seine). Un acte "inqualifiable" et "pas anodin" pour l'élu, qui a déposé plainte.

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"C'est un acte inqualifiable et injustifiable" a commenté le député auprès de l'AFP. Ce qui m'effraie par ailleurs, c'est la réaction sur les réseaux sociaux, où certains justifient. Une croix gammée, ça n'est pas un acte anodin, on ne peut pas banaliser ça". Son local parlementaire avait déjà été tagué de croix gammées en avril 2013 et couvert d'insultes homophobes au moment du débat sur le mariage pour tous.

La fédération socialiste des Hauts-de-Seine a fermement condamné "les actes odieux commis contre la permanence de Sébastien Pietrasanta". "Je suis extrêmement choqué qu'en 2016, on puisse voir fleurir des croix gammées et des propos antisémites sur des permanences parlementaires, lieux d'échange démocratique, parfois dernier recours pour nos concitoyens désemparés face à la vie", a ajouté le premier secrétaire fédéral du PS 92, Xavier Iacovelli. "Je condamne ces actes, leur lâcheté masquée et souhaite que leurs auteurs soient poursuivis et condamnés à la hauteur du symbole qu'ils ont brandi".



UNE TRENTAINE DE LOCAUX PS CIBLÉE EN 3 MOIS

Selon la rue de Solférino, plus d'une trentaine de locaux du PS ou de permanences d'élus socialistes ont été ciblées depuis la fin février, début de la contestation contre la loi El Khomri, subissant notamment diverses dégradations. De source policière, on avançait le lundi 23 mai le chiffre d'une douzaine de permanences PS dégradées, voire parfois attaquées. Le dernier incident survenu dans la nuit de dimanche à lundi, des tirs d'armes à feu à Grenoble contre la devanture du siège de la Fédération du PS de l'Isère, a suscité toutefois une émotion particulière. "Un nouveau seuil a été franchi cette nuit", a dit le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, dans un communiqué, voyant dans la succession de ces affaires une "dérive funeste inconnue depuis les années 30".

C'est "une atteinte insupportable à la vie démocratique dans notre pays", a renchéri le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, en évoquant l'attaque survenue à Grenoble. Il a "condamné avec la plus grande fermeté" "ces actes inacceptables". Des députés signataires du projet de motion de censure "de gauche" ont aussi été ciblés, à l'instar d'Alexis Bachelay, élu des Hauts-de-Seine, qui s'est plaint récemment sur Twitter d'avoir vu la vitrine de sa permanence "lâchement souillée".

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